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Biomasse : la transition du 3e réseau de chaleur de France

Chaufferie biomasse Saint-Denis

La chaufferie biomasse de Saint-Denis a bénéficié d’un soutien financier de 4,4 millions d’euros de l’Ademe et de 2 millions de la région Île-de-France, sur un investissement total de 40 millions d’euros. (©Engie)

En Île-de-France, une nouvelle chaufferie biomasse a été inaugurée par Engie cette semaine à Saint-Denis. Elle permet au réseau de chaleur de la ville et de communes voisines d’être désormais alimenté à plus de 50% par des énergies renouvelables.

Une chaufferie alimentée par 38 000 tonnes de bois par an

La nouvelle chaufferie biomasse de Saint-Denis, inaugurée le 4 juillet par Engie Réseaux dispose d’une puissance de 26,5 MW. En service depuis octobre 2016, elle est alimentée par du bois collecté dans un rayon maximal de 200 km autour du site : plaquettes forestières, broyat de palettes, résidus de scierie et d’élagage, etc.

Chaque jour, 15 à 17 camions alimentent en combustible biomasse la chaufferie qui dispose d’un silo de stockage de 3 500 m3. Au total, l'installation devrait brûler 38 000 tonnes de bois par an, l’équivalent de 10% de la consommation annuelle de bois énergie de l’Île-de-France.

La chaleur produite par la chaufferie sera injectée au sein du réseau de chaleur de Plaine Commune Énergie(1). Apparu dans les années 1950, ce réseau est aujourd’hui le 2e plus important d’Île-de-France et le 3e en France. Il est composé de près de 60 km de canalisations enterrées et alimente près de 40 000 logements en chauffage et en eau chaude sanitaire au sein de 4 communes : Saint-Denis, Stains, Pierrefitte-sur-Seine et L’Île-Saint-Denis.

Un réseau de chaleur désormais alimenté à plus de 50% par de la biomasse

Grâce à la chaufferie de Saint-Denis, le réseau de chaleur de Plaine Commune Énergie est désormais alimenté à 56% par du bois énergie (avec une autre chaufferie biomasse implantée à Stains), à 39% par du gaz naturel (3 chaufferies) et à 5% par des importations de vapeur depuis le réseau de Paris. Une « transition » importante par rapport à l’an 2000, lorsque ce réseau de chaleur était encore alimenté à 75% par de la chaleur issue de la combustion de charbon (le reste provenant du fioul lourd et de gaz).

Le recours majoritaire à des énergies renouvelables va engendrer une baisse de la facture de chaleur des usagers du réseau qui bénéficieront d’une TVA réduite à 5,5%, indique Plaine Commune Énergie. Le réseau de chaleur a par ailleurs vocation à se développer dans les prochaines années, avec le développement de nouvelles infrastructures comme le Campus Condorcet, dédié aux sciences humaines et sociales, à Aubervilliers, et d’éventuelles installations liées au succès de la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024.

Fonctionnement d'un réseau de chaleur

Schéma de principe d'un réseau de chaleur (source : Ademe sur base Cerema)  

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Sources / Notes
  1. Dans le cadre d’un contrat de délégation de service public de 25 ans, délégué au Syndicat Mixte des Réseaux d’Énergie Calorifique (SMIREC).