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Énergie et environnement : les derniers chiffres clés du ministère

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Energie et environnement

En 2015, la biomasse et l'hydroélectricité comptaient pour 65% de la consommation d'énergies renouvelables en France. (©photo)

Le Commissariat général au développement durable(1) a publié hier la dernière édition de ses « Chiffres clés de l’environnement » en France. Il y regroupe toutes les données ministérielles relatives à l’environnement en France (changement climatique, état des ressources naturelles, biodiversité, etc.) et y rappelle quelques grandes tendances en matière d’énergie.

Une consommation d’énergie stable et une intensité énergétique en constante baisse

La consommation d'énergie finale de la France (corrigée des variations climatiques) avoisine 150 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) par an depuis la fin des années 2000. En 2015, elle a atteint 149,2 Mtep, soit 2,32 tep par habitant (la moyenne mondiale était de 1,89 tep/habitant en 2014 selon l’AIE).

Le secteur résidentiel-tertiaire (bâtiments) a compté à lui seul pour 45% de la consommation d’énergie finale en France en 2015. Suivent les secteurs des transports (33,1% de la consommation française d’énergie finale) et de l’industrie (15,8%). Depuis 1992, les consommations d'énergie des secteurs des transports et des bâtiments ont respectivement augmenté de 15,1% et 10,4% tandis que celle de l’industrie a été réduite d’un quart.

L’intensité énergétique finale de la France, c’est-à-dire la consommation nationale d’énergie finale par unité de PIB, a pour sa part diminué de plus de 27% entre 1992 et 2015. 

Consommation d'énergie de la France
Selon les dernières données d'Enerdata, l'intensité énergétique finale de la France atteignait 0,119 tep par millier de dollars de PIB en 2015. (©Commissariat général au développement durable)

En 2015, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie en France atteignait 14,9%, précise le Commissariat général au développement durable(2).

Des émissions de gaz à effet de serre en baisse

Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont baissé de 16,2% entre 1990 et 2014(3). Depuis le milieu des années 2000, « la tendance des émissions de gaz à effet de serre est à la baisse pour l’ensemble des secteurs », indique le Commissariat général au développement durable. D’après les dernières données ministérielles, les transports comptent encore pour 29,2% des émissions nationales de gaz à effet de serre(4), en raison de l’importante consommation de produits pétroliers.

Pour rappel, la France s’est engagée à baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990 et a inscrit l’objectif « facteur 4 » (division par 4 des émissions à l’horizon 2050 par rapport à 1990) dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte adoptée à l’été 2015.

La France a adopté en novembre 2015 sa première stratégie nationale bas-carbone qui définit des « budgets carbone » portant sur des périodes de 5 ans (4 ans dans le cas du premier budget qui couvre la période 2015-2018). 

Évolution des émissions de gaz à effet de serre en France
Évolution des émissions de gaz à effet de serre en France (©Commissariat général au développement durable)

Le Commissariat général au développement durable rappelle que les émissions de gaz à effet de serre influent sur la température moyenne de la planète qui était, en 2015, supérieure d’environ 1°C aux températures de l’ère préindustrielle. Il existe de fortes disparités entre les différentes régions du monde : en France métropolitaine, la température moyenne aurait augmenté d’environ 1,5°C sur la même période. Depuis le début des années 2010, le changement climatique et la pollution atmosphérique sont de loin les premières préoccupations des Français en matière d’environnement, précise le Commissariat général au développement durable. 

Des emplois « environnementaux » en hausse

Le Commissariat général au développement durable indique que les « emplois environnementaux », incluant en particulier la filière solaire photovoltaïque(5) et l’agriculture biologique, ont augmenté en France de plus de 35% entre 2004 et 2014, soit d’environ 3,1% par an (contre une hausse des emplois de 0,3% en moyenne pour l’ensemble de l’économie)(6).

En matière de recettes fiscales, le produit des taxes « environnementales » collectées en France en 2015 aurait atteint 47,7 milliards d’euros, soit près de 2,2% du PIB national. Plus de 78% de ces recettes proviennent des taxes sur l’énergie (TICPE, CSPE, etc.).

Recettes fiscales environnementales

En 2015, les recettes fiscales environnementales ont augmenté de 9%, principalement en raison de l'augmentation des TICPE et de la CSPE. (©Commissariat général au développement durable)

Sources / Notes
  1. Créé en juillet 2008, le Commissariat général au développement durable est l’une des directions générales du ministère en charge de l’énergie en France. Il est en charge de «  l’élaboration de la stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable ». Son service de l’observation et des statistiques (SOeS) publie de nombreuses notes relatives au développement durable et à l’énergie
  2. Le Plan national d'action en faveur des énergies renouvelables avait fixé à 17% la part souhaitable en 2015 (en vue de l'objectif cible de 23% d'énergies renouvelables en 2020).
  3. Cette baisse a été particulièrement marquée dans l’industrie manufacturière (- 42% entre 1990 et 2014) et assez limitée dans le résidentiel-tertiaire (-5%). Les émissions du secteur des transports ont pour leur part augmenté de 11% entre 1990 et 2014, principalement en raison de la hausse du nombre de véhicules en circulation (et malgré la baisse des consommations unitaires des véhicules).
  4. Donnée portant sur l'année 2014.
  5. Notons toutefois que les effectifs dans les énergies renouvelables ont légèrement baissé entre 2013 et 2014.
  6. Au total, les « éco-activités » emploieraient 447 200 ETP (« équivalent temps plein ») à fin 2014, ce qui constitue 1,7% des emplois intérieurs totaux.