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Les gaz de schiste, toile de fond du film « Promised Land » de Gus Van Sant

  • Source : la rédaction

Il y a quelques mois, l’annonce d’un film sur l’exploitation des gaz de schiste avec Matt Damon était présentée sur plusieurs sites comme une croisade contre la fracturation hydraulique. Après le documentaire médiatisé et controversé « Gasland » de Josh Fox, les opposants à cette technique y voyaient un nouvel élément à charge.

La fracturation hydraulique constitue pourtant, comme les gaz de schiste, un prétexte plus que la finalité de ce film mettant en scène un rapport de force. Celui-ci oppose Global Oil Corporation, un géant pétrolier aux moyens illimités, à une communauté défavorisée de l’Amérique rurale.

Le théâtre de cette fable moderne se situe au milieu des collines de Pennsylvanie. Deux « démarcheurs » expérimentés (le duo Steve/Sue joué par Matt Damon et Frances McDormand) viennent y convaincre des habitants de céder les droits de forage sur leurs terrains renfermant des gaz de schiste contre de coquettes sommes d’argent. Les deux protagonistes, rompus aux exercices de charme rural, ne laissent pas les locaux insensibles. Le personnage de Matt Damon a lui-même grandi en milieu rural et tire sur la corde sensible en présentant l’exploitation du sous-sol comme une « planche de salut » pour maintenir la communauté à flot.

Cette mission semble gagnée d’avance pour Global Oil Corporation jusqu’à l’intervention de deux opposants déterminés : un vieux scientifique sage, témoin de l’Amérique profonde, et un militant écologiste passionné. Chacun des deux œuvre à sa manière à retourner le rapport de force.

Steve Butler et Sue Thomason, un duo de représentants en mission dans la petite ville de McKinley (©Mars Distribution)

Steve Butler et Sue Thomason, un duo de représentants en mission dans la petite ville de McKinley (©Mars Distribution)

Avec un certain humour, le film aborde les valeurs morales, le pouvoir de l’argent et le poids des lourdes décisions auxquelles se retrouvent confronter les fermiers. La fin, convenue, importe peu. De même que la fracturation hydraulique importe peu. Il n’est finalement presque jamais question du fond de cette technique si ce n’est au travers d’une présentation caricaturale devant une classe d’élèves.

Précisons que les scénaristes Matt Damon et John Krasinski avaient à l’origine prévu d’aborder cette histoire dans le milieu de… l’éolien ! Il avait également été envisagé de choisir comme cadre l’exploitation minière du charbon, des forages pétroliers ou encore l’élevage de saumon en Alaska. On comprend ainsi que la toile de fond était interchangeable. Celle choisit « crée dès le départ une tension dans le film et ouvre le dialogue » selon le producteur Chris Moore. Ce film risque d’avoir une résonnance particulière en France où la fracturation hydraulique est interdite par la loi depuis 2011.

La question du droit du sol se pose de façon bien différente dans l’hexagone mais les points de débat ne manqueront pas. A partir de cette semaine, plus d’une centaine d’avant-premières, suivies de discussions, sont prévues en France par le distributeur. Celles-ci offriront probablement l’occasion de débattre sur la toile de fond de façon plus approfondie.

Sortie du film sur les écrans français le 17 avril 2013.

La bande-annonce du film

Lire l\'étude :
« Promised Land » de Gus Van Sant