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Transition énergétique des territoires : un investissement rentable

En reprenant la main sur les enjeux énergie et climat, les collectivités locales, dans la diversité des formes qu’elles prennent dans les différentes régions du monde, imposent une approche nouvelle des politiques énergétiques nationales.

Comme les États, ces territoires mesurent leur dépendance aux énergies venant de l’extérieur de leurs frontières et comprennent plus vite encore que l’échelon national, l’intérêt d’une transition associant la réduction des consommations d’énergie pour tous les usages et quelles que soient les ressources mobilisées, et le développement des énergies renouvelables et locales… Cette transition-là est un fantastique levier de relocalisation de l’économie, de valorisation des ressources locales – énergétiques, techniques et humaines – et d’innovation sous toutes les formes : technologiques, organisationnelles et socio-politiques.

Le mouvement européen des territoires 100% ENR a trouvé sa déclinaison française avec le réseau des TEPOS, des territoires « à énergie positive » qui s’engagent à consommer moins d’énergie que ce qu’ils produiront à partir de sources renouvelables et locales à l’horizon 2050. Soutenus par le Ministère de l’écologie, de l’énergie et de la mer avec l’appel à projet TEPOS pour la croissance verte, les territoires en transition foisonnent en France.

Le réseau régional des TEPOS-CV d’Auvergne Rhône Alpes concernera par exemple bientôt plus de 50% de la population de cette grande région et couvrira près de 40% de son territoire. Sur les 40 territoires que comptera prochainement ce réseau régional, 19 ont adopté des trajectoires de « transition » qui impulse – de facto – une transformation systématique du profil énergétique régional.

Les effets économiques sont déjà sensibles. Ces 19 territoires affichent collectivement une facture énergétique de près de 5 milliards d’euros, facture qui se réduit chaque année de plus de 70 millions d’euros du fait des économies engagées. Le développement des énergies renouvelables apportera en outre chaque année 60 millions d’euros de revenus supplémentaires.

Ainsi, la facture énergétique nette des territoires concernés sera réduite à 500 millions d’euros en 2050, permettant la réinjection de 4,5 milliards d’euros dans l’économie locale par rapport à un scénario tendanciel ! Il n’est donc pas étonnant que les élus de tous bords soutiennent ce mouvement au regard de ces perspectives économiques et des créations d’emplois qui les accompagnent. Ceux-là au moins ont compris que la transition énergétique est un investissement rentable, et non une dépense inutile comme aiment à la marteler les promoteurs du statu quo.

Et au-delà de ces bénéfices économiques de plus en plus évidents, cette transition permet d’améliorer la qualité de l’air, de réduire par la promotion de l’économie circulaire la production de déchets, d’optimiser le cadre de vie par le verdissement des espaces urbains… et n’ayons pas peur de le dire, de redynamiser la démocratie locale en permettant aux citoyens de passer d’une posture de consommateurs passifs d’énergie à celle d’acteurs engagés dans la transition, soucieux de maîtriser leur demande d’énergie et fiers de devenir eux-mêmes producteurs d’une énergie qui servira en priorité les besoins de leur collectivité. 

Sources / Notes

Commentaires

Etes-vous certain que les élus de tous bords soutiennent ce mouvement?
Cela serait bien de décrire un peu ce TEPOS Auvergne Rhône Alpes ou au moins de donner un lien avec un site de référence ?
Cher Bruno Rebelle, je ne voudrais pas être systématiquement négatif mais je me demande vraiment si on ne mélange pas des choux et des carottes.
1) Les 4,5 milliards de surplus disponible en 2050 supposent si je comprends bien que chaque année on gagne 70 millions en sobriété et 50 millions grâce aux renouvelables. Ce n'est pas comme cela que fonctionne une exponentielle: le surplus sera chaque année de plus en plus faible
2) Les 60 millions imputés aux renouvelables ne sont un surplus pour ces territoires que parce que l'ensemble des consommateurs nationaux les subventionnent par le biais des prix garantis. Il ne s'agit donc pas d'un surplus mais d'un transfert.
3) Le "surplus" rentre dans la poche des consommateurs de ces territoires, mais rien ne dit qu'ils le dépenseront sur le territoire. Cela n'a d'ailleurs rien de choquant, mais on ne peut pas parler de "réinjection dans l'économie locale", en tout cas pas à ce niveau.
Mais dites-moi si j'ai bien compris!
Ce texte, quel charabia, quel moulin à paroles et à vent. La direction est toujours aussi simple: rêvons à des coupes drastiques dans la consommation, rêvons à une indépendance énergétique impossible (sauf si on ne consomme presque plus rien) et surtout (finalement le moteur principal) : arrêtons le nucléaire qui lui fonctionne et possède toutes les qualités qu'on attend des EnRi et, en plus, sans le "i". Mais pourquoi continue-t-on à asphyxier les solutions réalistes et crédibles (de très long terme) avec ce charabia, en faisant circuler dans l'opinion de haut en bas ces idées simplistes sans que les "savants" ne les contredisent. Voir la position des spécialistes Energie de l'Académie des Sciences il y peu, moins lue que celle de B. Rebelle ... Le monde d'aujourd'hui et de demain à l'envers !

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