La première compagnie productrice d'énergie d'Australie, AGL, a rejeté lundi une nouvelle offre de rachat du milliardaire Mike Cannon-Brookes, un ardent défenseur de l'environnement, qui entendait fermer les centrales électriques à charbon du pays.
AGL, la plus grande entreprise énergétique d'Australie, a déclaré que son conseil d'administration avait rejeté au cours du week-end une offre conjointe de 8,25 dollars australiens (6 dollars US) par action présentée par Cannon-Brookes, fondateur de l'entreprise technologique Atlassian, et le géant canadien de l'investissement Brookfield Asset Management, dans le but de fermer les principales centrales à charbon d'ici 2030, et non 2045 comme prévu.
La société a déclaré dans un communiqué à la bourse australienne que la proposition de rachat était toujours "bien en dessous de la juste valeur de la société". Il s'agit du deuxième refus essuyé par le milliardaire, après une première offre de 7,50 dollars par action précédemment. M. Cannon-Brookes avait déjà révélé le refus dimanche, déclarant qu'il s'agissait de sa dernière offre. "Notre trajectoire était le plus grand projet de décarbonation du monde", a-t-il déclaré sur Twitter.
M. Cannon Brookes dénonce depuis longtemps la politique du gouvernement australien, qui défend fermement l'industrie minière, en particulier du charbon, et son manque d'objectifs ambitieux pour atteindre la neutralité carbone. Cette offre aurait permis à AGL, principal émetteur de CO2 du pays, d'évoluer beaucoup plus rapidement vers la décarbonation. Dans sa déclaration à la bourse, AGL a déclaré qu'elle poursuivrait plutôt une scission des parties gaz et énergie de son activité, un plan qui a été accueilli avec des doutes par certains de ses principaux actionnaires.
L'immense île-continent est le plus gros exportateur mondial de charbon, sur lequel repose une grande partie de sa production d'électricité. Confrontés ces dernières années à des sécheresses, des incendies et des inondations à répétition, les Australiens sont de plus en plus conscients des dangers du réchauffement climatique.
Le Premier ministre conservateur australien Scott Morrison demeure cependant peu engagé pour atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050.
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