Rappel des dates-clés de la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir en Algérie depuis 1999, qui vient de renoncer à briguer un cinquième mandat après plus de deux semaines de contestation inédite.
« Réconciliation »
Le 15 avril 1999, M. Bouteflika, adoubé par l'armée, est élu à la présidence (73,79%) en pleine guerre civile. Son élection est contestée par ses six adversaires qui s'étaient retirés la veille du scrutin en affirmant que les "jeux étaient faits".
Le 16 septembre, il obtient un oui massif au référendum sur l'amnistie des islamistes n'ayant pas commis de crimes de sang et de viols et se soumettant à l'autorité de l'État. Après sa réélection en 2004, un nouveau référendum permet l'adoption d'une "Charte pour la paix et la réconciliation", offrant le "pardon" aux islamistes encore dans le maquis en échange de leur reddition.
La guerre civile avait commencé début 1992, après la décision des autorités d'annuler les élections législatives à la suite de la large avance au 1er tour des islamistes du Front islamique du salut (FIS), dissous par la suite. Elle a fait 200 000 morts (officiel). Près de 15 000 islamistes ont déposé les armes depuis 1999.
Attaques islamistes
Le 11 avril 2007, deux attentats quasi simultanés à Alger, dont l'un visant le Palais du gouvernement, sont revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien.
Le 6 septembre, le cortège du président Bouteflika est la cible d'un attentat suicide, et le 11 décembre deux attaques visent le siège du Conseil constitutionnel et des agences de l'ONU, également revendiqués par Aqmi.
En janvier 2013, une prise d'otages spectaculaire sur le site gazier d'In Amenas (1 300 km au sud-est d'Alger) est menée par un commando islamiste. Elle prend fin après un assaut des forces spéciales: 40 salariés et 29 assaillants tués.
Mandats illimités
En 2008, le Parlement adopte une révision de la Constitution supprimant la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. M. Bouteflika est élu (90,24%) pour un 3e mandat en 2009.
En janvier 2011, des émeutes contre le coût de la vie font 5 morts et plus de 800 blessés, dans le sillage de la révolte populaire en Tunisie. M. Bouteflika annonce des réformes, jugées insuffisantes par l'opposition.
En 2012 puis 2017, l'alliance soutenant M. Bouteflika, formée du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) et du Rassemblement pour la démocratie (RND), conserve la majorité absolue au Parlement.
Santé défaillante et 4e mandat
En avril-juillet 2013, un accident vasculaire cérébral (AVC) le laisse affaibli et souffrant d'importantes séquelles. En septembre, il marque pourtant son autorité avec un important remaniement ministériel et réduit l'influence des services secrets.
En 2014, il est réélu (81,49%) pour un 4e mandat. Il prête serment en fauteuil roulant et sera de nouveau hospitalisé à plusieurs reprises en Europe.
Limogeages
Le 30 janvier 2016, la présidence dissout le DRS (Département du renseignement et de la sécurité), considéré comme un "État dans l'État" et dont le patron, le puissant général Mohamed Mediene dit "Toufik", avait été limogé en septembre.
Le 15 août 2017, le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune est limogé, trois mois après sa nomination, sur fond de luttes de clans à la tête de l'État. Il est remplacé par Ahmed Ouyahia, chef de cabinet du chef de l'État.
Début novembre 2018, plusieurs journaux font état de la mise en liberté de cinq généraux, en détention préventive depuis mi-octobre dans le cadre d'une enquête sur de présumées malversations. Ils avaient été mis à la retraite dans le cadre d'une vague de limogeages dans la haute hiérarchie militaire.
Contestation
Le 10 février 2019, Abdelaziz Bouteflika annonce qu'il briguera un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.
Le 22 février, des dizaines de milliers de personnes défilent contre ce 5e mandat, notamment dans la capitale, où les manifestations sont pourtant interdites. C'est le début de deux semaines de contestation d'ampleur inédite en 20 ans de pouvoir.
Le 10 mars, le président regagne l'Algérie, après deux semaines d'hospitalisation en Suisse pour des "examens médicaux". Le 11, il renonce à briguer un nouveau mandat et reporte la présidentielle, annonçant qu'il restera ne fonction jusqu'à ce qu'un successeur soit élu. Nouredine Bedoui, ministre de l'Intérieur, remplace Ahmed Ouyahia comme Premier ministre.
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