Une prévision 2026 portée à 1,2%

L’institut berlinois table désormais sur une hausse du PIB allemand de 1,2% en 2026, contre 0,5% dans sa projection de printemps. Cette révision intervient après plusieurs mois marqués par des prix de l’énergie moins pénalisants qu’attendu et par une contribution plus favorable du commerce extérieur.

La responsable de la conjoncture du DIW, Geraldine Dany-Knedlik, estime que « L'économie allemande se redresse cette année un peu mieux que prévu, mais reste encore sur des bases fragiles ». Pour 2027, le DIW prévoit une progression du PIB de 1,0%, soit 0,2 point de plus que dans son scénario précédent.

Le choc énergétique reste moins lourd qu’anticipé

Le gouvernement allemand avait initialement retenu une croissance de 1% pour 2026, avant d’abaisser cette hypothèse à 0,5% après le choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient et à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le ministère fédéral de l’Économie avait aussi étudié au printemps un scénario défavorable fondé sur un pétrole à 107 dollars par baril et un gaz à 66 €/MWh en moyenne annuelle 2026, avec un effet négatif estimé à 0,5 point de PIB.

Le DIW juge finalement que la hausse des prix pétroliers est restée « étonnamment modérée ». Selon l’Energy Information Administration américaine, le Brent devait avoisiner 85 dollars par baril en moyenne au troisième trimestre 2026, dans un marché encore affecté par les restrictions de transit autour d’Ormuz.

Des exportations soutenues par des facteurs ponctuels

Le relèvement de la prévision tient aussi à des ventes extérieures plus dynamiques, après une période de faiblesse de l’industrie exportatrice allemande. Le DIW cite en particulier les produits pétroliers et les intermédiaires chimiques, stimulés par des achats anticipés face aux incertitudes pesant sur les marchés de l’énergie.

Un autre soutien vient du traitement de données et des équipements électroniques, tirés par la demande mondiale liée à l’intelligence artificielle et aux centres de données. Geraldine Dany-Knedlik prévient toutefois que ces deux moteurs ne devraient pas maintenir durablement l’activité allemande.

La demande intérieure reste dépendante des dépenses publiques

Le DIW anticipe une stagnation du PIB allemand au troisième trimestre, sous l’effet combiné de prix de l’énergie toujours élevés et d’une sécheresse historique qui réduit le niveau des cours d’eau. Cette baisse gêne le transport fluvial de marchandises industrielles, un maillon important pour la chimie, la sidérurgie et certaines chaînes d’approvisionnement lourdes.

Les économistes de l’institut ne constatent toujours pas de reprise nette de la consommation privée, faible depuis le début de l’année. Le marché du travail reste dégradé et les investissements privés ne redémarrent pas, tandis qu’environ 70% de la croissance prévue en 2026 provient de la consommation publique et des investissements publics liés à la défense et aux infrastructures.

La nouvelle projection du DIW précède les prévisions attendues fin septembre des principaux instituts économiques allemands, puis celles du gouvernement en octobre. L’institut avertit qu’une nouvelle escalade au Moyen-Orient ou de nouveaux conflits commerciaux pourraient encore freiner la reprise.