Des responsables du sidérurgiste allemand Saarstahl vont participer jeudi soir à Bercy à une réunion de travail "afin que le maximum de production reste à l'usine Ascoval" de Saint-Saulve (Nord), dont l'activité est "temporairement" menacée par la hausse des coûts de l'électricité, a indiqué le ministère de l'Industrie.
"Nous recevons Saarstahl à Bercy pour une réunion de travail (...) l'état d'esprit est constructif", a indiqué une source au cabinet de la ministre chargée de l'Industrie Agnès Pannier Runacher.
La direction de Saarstahl, propriétaire d'Ascoval depuis quatre mois, a admis mercredi qu'elle étudiait des "options temporaires" pour "limiter les effets négatifs" de l'explosion des coûts de l'energie sur son activité.
Selon la CGT et la CFDT, Ascoval, dont l'acierie fonctionne à l'électricité et n'émet pas de CO2, projeterait dans ce cadre de délocaliser temporairement 40% de sa production vers des sites allemands, qui eux fonctionnent au charbon ou minerai de fer bien moins cher, et donc d'une meilleure compétitivité, même s'ils sont très émetteurs de CO2.
Une telle décision, si elle était confirmée, aurait un impact sur "la majorité de l'effectif" d'Ascoval, qui serait forcé à de l'activité partielle au moins temporairement, admet-on à Bercy.
Le ministère de l'Industrie dit travailler "depuis plusieurs semaines" sur plusieurs pistes pour essayer d'alléger les coûts, encourager la production décarbonée et soutenir l'activité industrielle en France.
Dans ce cadre, le gouvernement a annoncé le 2 novembre qu'il accorderait aux entreprises les plus consommatrices d'électricité, dont Ascoval fait partie, une compensation financière contre les hausses de prix.
A ce jour, il existe selon Bercy un déficit compétitif de plus de 130 euros la tonne à l'acier produit à l'électricité par rapport à celui qui est produit au charbon.
"Le différentiel de coûts est l'un des sujets dont nous souhaitons parler avec Saarstahl", a confirmé la même source à Bercy.
Par ailleurs, Ascoval doit changer au 1er janvier son producteur d'électricité, en prenant EDF au lieu de Gazel energie auparavant, a-t-on indiqué de même source, précisant au passage des propos tenus par Mme Pannier-Runacher sur France Info.
"Ils vont avoir un contrat mieux adapté à leurs besoins, qui va mieux les protéger des évolutions des cours des matières premières", ajoute le cabinet. Jusqu'à présent, le contrat d'Ascoval était indexé sur les contrats d'électricité sur le marché dit "spot", très volatil. Il sera désormais relié aux marchés à terme, plus stables.
Troisième piste travaillée, celle d'une meilleure indexation du coût de la ferraille, en pleine ascension, dans le contrat de la SNCF qui s'est engagée à acheter des rails produits à l'usine d'Hayange avec de l'acier décarboné de Saint-Saulve.
"La SNCF paie ses rails à un prix déconnecté du prix réel du marché, car les prix n'ont pas été indexés sur les cours" indique-t-on à Bercy.
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