L'économiste Adriano Pires, choisi par le gouvernement Bolsonaro pour présider la compagnie pétrolière publique Petrobras, a renoncé à assumer ce poste en raison de conflits d'intérêt, ont rapporté lundi les médias brésiliens. Selon le site d'informations G1, M. Pires a fait part de sa décision au gouvernement, qui n'avait pas encore confirmé cette information en fin de journée.

Cet économiste, qui a plus de 30 ans d'expérience dans le secteur pétrolier, avait été proposé la semaine dernière pour succéder au général Joaquim Silva e Luna, limogé par le président Jair Bolsonaro à la suite d'une série d'augmentations brutales des prix des carburants. Sa nomination devait être confirmée par le conseil d'administration de Petrobras le 13 avril. Le cours des actions de Petrobras était en baisse de 0,80% lundi, peu avant la clôture à la Bourse de Sao Paulo.

Le parquet et la Cour des Comptes avaient déjà averti vendredi de risques potentiels de "conflits d'intérêt" avec une telle nomination. Ces conflits d'intérêt seraient liés à une entreprise de M. Pires, le Centre brésilien d'infrastructures (CBIE), "prestataire de services pour les principales multinationales du secteur du pétrole, du gaz et de l'énergie depuis plus de 20 ans".

Le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro avait déjà essuyé un revers sur ce dossier dimanche, avec le désistement de Rodolfo Landim, proposé pour prendre la tête du conseil d'administration de Petrobras. M. Landim, qui a travaillé plus de 20 ans dans la compagnie pétrolière, avait affirmé dans un communiqué qu'il préférait se consacrer intégralement à la présidence de Flamengo, le club de football le plus populaire du Brésil.

Le président Bolsonaro a multiplié les critiques au sujet de la politique tarifaire de Petrobras, alignée sur un marché international secoué par la guerre en Ukraine. Le prix des carburants a augmenté de 33% en un an et a fortement contribué à l'inflation qui réduit fortement le pouvoir d'achat des Brésiliens depuis plusieurs mois.

Une situation préoccupante pour Jair Bolsonaro, qui vise la réélection à présidentielle d'octobre. Au lendemain de son départ, Joaquim Silva e Luna avait déclaré que Petrobras ne devrait "pas se mêler de politique". Il avait pris ses fonctions en février 2021 pour remplacer Roberto Castello Branco, qui était déjà en désaccord avec le chef de l'État sur la politique tarifaire de la compagnie.

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