Un forage exploratoire en eaux profondes
Le groupe public brésilien a indiqué avoir repéré des hydrocarbures dans un puits exploratoire encore en cours de forage, à environ 175 km des côtes de l’État d’Amapá, dans le nord du Brésil. Cette présence correspond, selon l’entreprise, à un composé organique pouvant signaler du pétrole, du gaz naturel ou les deux.
La campagne avait commencé en octobre 2025, après cinq ans de procédure pour obtenir le permis environnemental nécessaire. Selon Petrobras, l’autorisation délivrée par l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables portait sur un puits du bloc FZA-M-059, en eaux profondes au large de l’Amapá, à environ 500 km de l’embouchure de l’Amazone.
La zone appartient à la Marge équatoriale, vaste province maritime que Brasilia et Petrobras présentent comme une nouvelle frontière d’exploration. Son potentiel est suivi de près depuis les découvertes majeures réalisées au Guyana voisin, devenues un point de comparaison pour les industriels actifs au nord de l’Amérique du Sud.
Un projet soutenu par Lula et critiqué par les ONG
Le projet bénéficie de l’appui du président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui défend l’idée que les revenus des hydrocarbures doivent contribuer au financement de la transition énergétique du pays. Le Brésil s’est classé neuvième producteur mondial de pétrole en 2025.
Les organisations environnementales dénoncent, elles, les risques pour une zone marine riche en biodiversité, située au large de la plus grande forêt tropicale de la planète. Le forage reste donc politiquement sensible, en raison de la proximité symbolique avec l’Amazonie et du rôle climatique central attribué à cette région.
Lula s’est prononcé pour une sortie progressive des combustibles fossiles afin de limiter le changement climatique. En novembre 2025, lors de la COP30 organisée à Belém, en Amazonie brésilienne, il avait demandé aux dirigeants mondiaux de présenter une « feuille de route » pour abandonner les énergies fossiles, mais son gouvernement n’a pas encore rendu publique sa propre trajectoire.
Petrobras met en avant la sécurité énergétique
« Notre optimisme concernant la Marge équatoriale brésilienne se confirme aujourd'hui », a déclaré la présidente de Petrobras, Magda Chambriard, citée dans le communiqué de la compagnie. Elle a présenté cette première découverte au large de l’Amapá comme le résultat du « dévouement » et de la « compétence » du groupe, engagé selon elle à reconstituer les réserves de pétrole et à garantir la sécurité énergétique du Brésil.
Petrobras, acteur majeur du forage offshore en eaux profondes, a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre sur un an, à 10,4 milliards de dollars. La compagnie avait indiqué fin juillet que sa production totale de pétrole et de gaz avait atteint 3,34 millions de barils équivalent pétrole par jour au deuxième trimestre 2026.
L’Institut brésilien du pétrole, du gaz et des biocombustibles, qui représente les entreprises du secteur, a qualifié l’annonce d’« extrêmement importante ». Selon l’IBP, elle ouvre « la possibilité de l'exploration et de la production sur une nouvelle frontière à l'extrême nord du pays ».
L’organisme estime que cette découverte confirme des perspectives « très positives » pour le Brésil dans les hydrocarbures. Il affirme également qu’un développement futur de cette zone renforcerait la sécurité énergétique nationale à moyen et long terme.