Une dérogation temporaire aux règles environnementales a été demandée pour permettre à trois centrales nucléaires de continuer à fonctionner pendant la canicule, ont indiqué EDF et RTE vendredi.

Cette demande a été déposée le 12 juillet par le producteur d'électricité sur requête de RTE, gestionnaire du réseau à haute tension, afin de garantir le fonctionnement des infrastructures, et ce alors que 29 réacteurs nucléaires sur 56 sont actuellement indisponibles pour diverses raisons.

Depuis 2006, chaque centrale a des limites réglementaires de température de rejet de l'eau à ne pas dépasser, afin de ne pas échauffer les cours d'eau environnants et d'en protéger la faune et la flore. Les centrales pompent en effet l'eau pour le refroidissement des réacteurs, avant de la rejeter. La réglementation prévoit cependant de possibles demandes de dérogation temporaire sur certains sites, "en cas de nécessité pour le bon fonctionnement du réseau électrique", souligne EDF.

La demande de dérogation a été faite auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a donné son accord, et du ministère de la Transition énergétique, pour une période allant jusqu'au 8 août inclus, sur fond de vague de chaleur intense sur l'Hexagone. Elle concerne les centrales de Golfech (Tarn-et-Garonne), du Blayais (Gironde) et de Saint-Alban (Isère). Elle vise à "garantir le bon fonctionnement du réseau électrique qui nécessite de disposer à tous moments de moyens de production capables de s'ajuster à la demande en électricité", explique EDF.

Selon RTE cependant, "il n'y a aucun risque concernant l'alimentation électrique des Français et cette demande n'est pas liée à la consommation d'électricité". "Il ne s'agit pas d'un enjeu de sûreté. Ce dispositif exceptionnel porte sur la protection de l'environnement", plus précisément la température autorisée pour les rejets d'eau dans la rivière bordant la centrale, indiquent les deux organismes.

En pratique, le dispositif de dérogation n'a jusqu'ici été utilisé qu'une fois, en 2018 pour la centrale de Golfech, pour 36 heures. Cela "s'accompagne d'une surveillance environnementale renforcée", ajoute EDF.

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