Trois arrêts et sept baisses de charge
Les arrêts concernent Golfech 2, implanté en Tarn-et-Garonne sur la Garonne, Bugey 3, dans l'Ain sur le Rhône, et Chooz 2, dans les Ardennes sur la Meuse. EDF attribue ces indisponibilités aux conditions climatiques et au respect des arrêtés encadrant les rejets, « et donc l'environnement ».
Sept autres tranches font l'objet d'adaptations de puissance, selon l'entreprise publique : Saint-Alban 1 et 2 en Isère, Blayais 1 et 3 en Gironde, Bugey 4 et 5 dans l'Ain, ainsi que Chooz 1 dans les Ardennes. Tricastin 3, dans la Drôme, avait aussi vu sa puissance abaissée dimanche dans la journée, avant de revenir à un régime normal en fin d'après-midi.
Le parc nucléaire français compte 57 réacteurs en exploitation, qui assurent environ 70% de la production électrique nationale. D'après le Bilan électrique 2025 de RTE, la filière nucléaire a produit 373,0 TWh en France métropolitaine cette année-là, soit 68,1% de l'électricité produite.
Des limites de rejets propres à chaque site
Toutes les centrales nucléaires françaises sont installées au bord d'un cours d'eau ou du littoral, afin de disposer d'une source froide pour le refroidissement des installations. Lorsque la température des fleuves augmente, la marge de fonctionnement disponible se réduit pour les sites qui rejettent de l'eau réchauffée dans le milieu naturel.
L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection fixe, pour chaque centrale, des prescriptions sur la température de l'eau et l'échauffement admissible entre l'amont et l'aval des rejets. Selon une note technique de l'ASNR publiée en juillet 2025, ces règles peuvent conduire EDF à abaisser la puissance d'un réacteur, voire à l'arrêter, lorsque les seuils risquent d'être dépassés.
La vague de chaleur engagée le 4 juillet en France a donc un effet direct sur la production nucléaire disponible. Les contraintes ne portent pas sur la sûreté immédiate des réacteurs cités par EDF, mais sur les conditions environnementales de rejet thermique dans les écosystèmes aquatiques.
Une dérogation accordée au Bugey jusqu'au 20 juillet
Samedi, le ministère de l'Économie a publié au Journal officiel une dérogation applicable à la centrale du Bugey, afin d'assurer la sécurité du réseau électrique. Cette mesure vaut jusqu'au 20 juillet et vise les limites de température liées aux rejets dans le Rhône.
EDF avait demandé cette modification temporaire en s'appuyant sur les besoins de production exprimés par RTE, gestionnaire du réseau de transport d'électricité. L'entreprise proposait une limite temporaire de 1°C pour l'échauffement de l'eau du Rhône entre l'amont et l'aval de la centrale pendant cette situation exceptionnelle.
La demande d'EDF prévoyait aussi un programme renforcé de surveillance environnementale associé à ces rejets. Ce dispositif s'ajoute aux prescriptions permanentes de suivi des températures, des rejets et de l'état du milieu aquatique autour du site.
Gravelines 4 arrêté pour une maintenance programmée
EDF a également indiqué que Gravelines 4, dans le Nord, avait été arrêté temporairement dimanche pour une opération de maintenance prévue. Ce réacteur appartient à la centrale nucléaire de Gravelines, la plus puissante du parc français par sa capacité installée.
Cet arrêt relève donc d'un calendrier industriel distinct des réductions de puissance liées à la chaleur. Selon EDF, le réacteur devait redémarrer après cette intervention programmée.