Trois sites concernés par des arrêts

Les indisponibilités concernent le réacteur 2 de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, arrêté depuis le 9 juillet, le réacteur 3 du Bugey, dans l’Ain, depuis le 10 juillet, et le réacteur 2 de Chooz, dans les Ardennes, depuis le 11 juillet, selon l’exploitant. EDF rattache ces arrêts aux conditions météorologiques et au respect des prescriptions encadrant les rejets d’eau après refroidissement.

Six autres unités peuvent réduire leur puissance selon l’évolution des températures et de l’hydrologie. EDF cite les réacteurs 1 et 2 de Saint-Alban, en Isère, les réacteurs 1 et 3 du Blayais, en Gironde, ainsi que les réacteurs 4 et 5 du Bugey.

Des seuils environnementaux propres à chaque centrale

Les centrales nucléaires utilisent une source froide, cours d’eau ou mer, pour évacuer la chaleur issue du fonctionnement des installations. L’eau prélevée est ensuite restituée à une température supérieure, ce qui impose des limites réglementaires afin de réduire les effets sur les milieux aquatiques.

L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection fixe, site par site, les prescriptions applicables aux rejets thermiques. En cas de température élevée du fleuve ou de faible débit, ces règles peuvent conduire EDF à baisser la puissance d’un réacteur, voire à le mettre temporairement à l’arrêt.

EDF indique que les pertes de production liées aux températures élevées et aux faibles débits des fleuves ont représenté en moyenne 0,3 % de la production annuelle du parc depuis 2000. L’électricien précise que les adaptations de puissance sont menées en lien avec le gestionnaire du réseau électrique.

Un impact limité mais surveillé sur le parc nucléaire

La France exploite 57 réacteurs nucléaires, tous implantés au bord d’un fleuve ou de la mer pour disposer d’une source de refroidissement. En 2025, la production nucléaire française a atteint 373,0 TWh, soit 68,1 % du mix électrique national, selon RTE.

Le parc avait retrouvé en 2025 un niveau de production proche de celui observé avant la crise de corrosion sous contrainte. RTE a également évalué la production électrique totale française à 547,5 TWh cette même année, avec 521,1 TWh issus de moyens bas carbone.

Les arrêts liés à la canicule interviennent donc sur une fraction limitée du parc, mais ils concernent des sites fluviaux sensibles aux températures de l’eau. Les restrictions peuvent évoluer rapidement, car elles dépendent à la fois de la météo, du débit des cours d’eau, de la température initiale de prélèvement et des besoins du système électrique.

La vague de chaleur doit refluer à partir de mercredi

La vague de chaleur en cours a débuté le 4 juillet en France, selon Météo-France. Mardi 14 juillet, la valeur provisoire la plus élevée relevée à 17 h atteignait 42,3 °C à Sartène, en Corse-du-Sud.

Météo-France prévoit une baisse par l’ouest et le nord mercredi 15 juillet. Les températures les plus élevées, entre 36 et 38 °C, doivent alors se limiter à une zone allant du Midi toulousain à la vallée du Rhône en passant par le Centre et les abords du Massif central.

À compter de mercredi 15 juillet à 06 h 00, plus aucun département ne doit rester placé en vigilance rouge canicule, d’après le dernier bulletin cité par Météo-France. Jeudi 16 juillet, les températures supérieures à 35 °C ne devraient plus concerner que l’Occitanie, la vallée du Rhône, la Provence et la Corse.