Une coordination européenne avant une éventuelle réponse américaine
La réunion doit se tenir vendredi 2 octobre, après une série d'échanges engagés jeudi par le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, avec les autorités françaises, allemandes, italiennes, irlandaises et britanniques. Bruxelles n'a pas indiqué si cette concertation visait directement une demande de Washington sur les stocks stratégiques de produits pétroliers.
D'après des informations de presse, les États-Unis souhaitent que plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, mettent sur le marché du gazole issu de leurs réserves stratégiques afin de freiner la hausse des prix. Washington menacerait, dans le cas contraire, de bloquer les exportations américaines de diesel vers l'Europe.
Jeudi, en marge du G20 organisé aux États-Unis, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a indiqué que l'Union européenne restait en « contact étroit » avec l'administration américaine. Il a prévenu que « toute mesure visant à interdire les exportations de gazole serait inattendue pour les Européens et aurait des conséquences très lourdes sur les performances de notre économie ».
Le gazole atteint un record à la pompe dans l'Union européenne
Le prix moyen hebdomadaire du gazole dans l'Union européenne a atteint 2,24 euros par litre à la pompe, selon les données nationales publiées jeudi par la Commission européenne. La série du Weekly Oil Bulletin, qui agrège les prix à la consommation des produits pétroliers dans les États membres, remonte à 2005.
La Commission estime que le marché du diesel est « actuellement très tendu », avec des prix élevés pour les consommateurs dans le monde. Les prix des carburants augmentent depuis la fin février sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitait habituellement 20% des hydrocarbures mondiaux.
Les données du bulletin pétrolier européen incluent les taxes nationales, qui représentent en moyenne environ 40% du prix payé à la pompe dans l'Union européenne, selon la Commission. La hausse du prix du gazole touche donc simultanément le coût hors taxes du produit raffiné, la fiscalité appliquée par chaque État membre et les marges de distribution.
Les stocks stratégiques reviennent dans les discussions du G7
En France, Emmanuel Macron a annoncé le 18 septembre son intention de réunir un G7 consacré à l'énergie, avec l'objectif de « reconsidérer les options de libération potentielle de stocks stratégiques ». Cette réunion est envisagée avant la mi-octobre, selon les éléments communiqués par Paris.
Bruxelles indique travailler avec les États membres afin « d'étudier les mesures appropriées pour remédier à ces prix élevés », selon la porte-parole de la Commission Anna-Kaisa Itkonen. L'exécutif européen associera aussi l'Agence internationale de l'énergie, qui avait coordonné en mars une action collective de libération de stocks pétroliers.
Dans son plan AccelerateEU présenté en avril 2026, la Commission européenne prévoyait déjà de coordonner le calendrier et les volumes d'éventuelles mises en circulation de stocks pétroliers, notamment pour le gazole et les carburants d'aviation. Ce cadre inclut aussi une cartographie des capacités de raffinage, des importations, des exportations et des réserves disponibles dans l'Union européenne.