Un guichet ciblé sur les ménages modestes gros rouleurs

Cette troisième édition du leasing social porte sur des contrats de location longue durée d'au moins trois ans, avec ou sans option d'achat. L'aide publique prend en charge le premier loyer, qui représente habituellement plusieurs milliers d'euros, afin de supprimer l'apport initial demandé au ménage.

Le dispositif s'adresse aux personnes majeures domiciliées en France, y compris en Outre-mer et à Saint-Pierre-et-Miquelon, dont le revenu fiscal de référence par part ne dépasse pas 16 880 euros par an. Les bénéficiaires doivent utiliser leur voiture personnelle pour des trajets professionnels, soit avec un domicile situé à plus de 10 kilomètres du lieu de travail, soit avec plus de 8 000 kilomètres parcourus chaque année dans le cadre de l'activité professionnelle.

Les ménages ayant déjà bénéficié de cette location sociale en 2024 ou en 2025 ne sont pas éligibles à cette nouvelle vague. Les deux précédentes éditions avaient chacune porté sur 50 000 voitures, ce qui porte à environ 100 000 le nombre de ménages modestes déjà concernés par le dispositif, selon le gouvernement.

Une aide bonifiée pour les composants européens

L'État finance désormais chaque location à hauteur de 6 500 euros au maximum, contre 7 000 euros lors de l'édition précédente. Pour les véhicules produits en Europe, l'aide atteint 29 % du coût d'achat hors options dans la limite de 9 000 euros, auxquels s'ajoute une prime complémentaire de 500 euros si le moteur est également fabriqué dans l'Espace économique européen, selon les règles publiées par Service-public.

Cette architecture vise à orienter la demande subventionnée vers l'industrie européenne de la voiture électrique. « C'est la manifestation claire que l'Etat français veut que le leasing social soutienne la production de véhicules et de composants de véhicules électriques au sein de l'Union européenne, ce qui est un enjeu particulièrement important », a estimé mercredi le chercheur Antoine Trouche, de l'Institut mobilités en transition, lors d'une visioconférence organisée par l'association Expertises Climat.

La liste officielle publiée par l'Ademe comptait 42 types-variantes-versions éligibles au 7 juillet 2026, avec une mise à jour prévue chaque mois. Elle distingue notamment les véhicules répondant aux critères de production européenne pour le site de fabrication du véhicule, la batterie et le moteur.

Un coût d'usage présenté comme inférieur au thermique

Pour Antoine Trouche, les éditions 2024 et 2025 ont atteint leur objectif d'accès à des véhicules électriques neufs pour des foyers qui auraient difficilement supporté le coût d'acquisition initial. Le chercheur juge que le coût total de ces locations est devenu inférieur à celui de véhicules thermiques neufs.

Il souligne également que l'écart peut être favorable face à des voitures thermiques d'occasion de cinq, dix ou quinze ans, notamment lors de l'édition 2025. « Mais surtout, ce qui est important, c'est qu'il était inférieur aussi à des véhicules thermiques d'occasion de cinq, dix, quinze ans », a-t-il expliqué, en rappelant que ces véhicules anciens composent une partie du parc utilisé par les ménages modestes.

L'enjeu environnemental du dispositif dépend donc de sa capacité à remplacer des voitures thermiques en circulation plutôt qu'à ajouter des véhicules à des usages déjà électrifiés. Les voitures concernées doivent être neuves, utiliser exclusivement l'électricité et satisfaire aux critères du score environnemental applicable aux aides publiques.

Une enveloppe de 401 millions d'euros financée par les CEE

La nouvelle campagne dispose d'une enveloppe de 401 millions d'euros. Son financement repose sur les certificats d'économies d'énergie, un mécanisme qui impose aux fournisseurs d'énergie de contribuer à des actions de réduction de consommation selon le principe du pollueur-payeur.

Une vingtaine de modèles, proposés par une douzaine de marques dont Citroën, Fiat, Kia, Jeep, Opel, Renault et Peugeot, sont annoncés avec des mensualités inférieures à 200 euros. Certaines offres descendent sous 140 euros par mois, hors assurance, entretien et options.

Chaque contrat couvre au moins 15 000 kilomètres par an sans frais supplémentaires. Service-public précise que les voitures doivent coûter au plus 47 000 euros TTC hors options, afficher une masse en ordre de marche inférieure à 1 800 kg et que les contrats peuvent courir jusqu'au 31 décembre 2031 inclus.