La situation des marchés du gaz était au coeur d'une réunion mercredi de quarante ministres ou responsables nationaux, qui ont soutenu la préparation d'"actions coordonnées", notamment pour permettre un prochain "remplissage organisé" des stocks en Europe et limiter les impacts de la crise du gaz sur le reste du monde, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Cette visioconférence, première réunion spéciale sur le gaz convoquée par l'AIE de l'histoire récente, a passé en revue les mesures pouvant limiter les effets de cette crise nourrie par l'invasion russe en Ukraine, et soutenir les pays affectés, explique l'AIE dans un communiqué.

Les pays représentés formaient environ la moitié de la demande gazière mondiale, de l'Australie à la Hongrie, la France, le Japon ou la Grande-Bretagne.

Leur "déclaration ministérielle" souligne notamment "la nécessité de coordonner les efforts destinés à atténuer le risque que la Russie se serve de l'énergie comme d'une arme de coercition politique".

"La communauté internationale a été capable de répondre promptement (...) mais les manipulations de la part d'acteurs mal intentionnés vont persister au-delà de cet hiver. Et nous avons une occasion de préparer des options en vue d'une réponse coordonnée", a dit la secrétaire américaine à l'Energie Jennifer Granholm, qui coprésidait la réunion.

Selon l'AIE, "des actions coordonnées sont en préparation pour soutenir une saison de remplissage des stocks de gaz organisée dans l'hémisphère Nord afin de renforcer la sécurité énergétique européenne et mondiale, améliorer l'accessibilité générale de l'énergie, minimiser les perturbations de l'approvisionnement, et favoriser des marchés transparents et compétitifs pour réduire (...) la volatilité des prix".

Tous les participants ont aussi salué les mesures prises pour renforcer la sécurité énergétique: efficacité énergétique, déploiement de renouvelables, des réseaux...

La crise du gaz n'est de fait pas terminée. "Des mesures de court terme, telles que les capacités ajoutées en gaz naturel liquéfié (GNL), ont détendu les tensions sur l'approvisionnement. Mais toute une série de facteurs font que l'incertitude devrait se prolonger sur 2023", prévient l'Agence, pour qui "l'hiver 2023-2024 sera probablement le vrai test".

Thématique

Pays et acteurs