Un réseau reconnecté, sans retour immédiat à une alimentation normale
Le système électrique national cubain a été rétabli mercredi 8 juillet après sa déconnexion totale lundi 6 juillet à la mi-journée, qui avait privé d’électricité les 9,6 millions d’habitants de l’île. Selon la Unión Eléctrica citée par EFE, l’incident s’est produit à 12h17 heure locale, soit 16h17 GMT.
Les autorités cubaines ont attribué la défaillance à une oscillation de tension associée à un niveau de production trop faible. Cette panne générale est la troisième enregistrée en moins de six mois et la huitième depuis la fin de 2024.
Le manque de combustible ralentit la reprise du système
La remise en service du réseau électrique a été plus difficile que lors des précédents effondrements nationaux, en raison d’une disponibilité insuffisante de combustible. Les autorités cubaines indiquent que cette contrainte limite l’utilisation des groupes électrogènes mobilisés en appoint.
Le 6 juillet, avant le décrochage national, la Unión Eléctrica anticipait pour la pointe une disponibilité de 935 MW face à une demande maximale prévue de 3 100 MW, soit un déficit de 2 165 MW, selon des données relayées par EFE. Ce déséquilibre explique le maintien de coupures planifiées malgré la reconnexion du système.
Des centrales thermiques vieillissantes restent au cœur de la crise
Félix Estrada, haut responsable du ministère cubain de l’Énergie et des Mines, a indiqué mercredi à la télévision d’État que le rétablissement du réseau ne se traduirait pas par une amélioration immédiate pour les usagers. La production disponible reste trop basse pour couvrir la demande nationale.
Le parc de production cubain dépend encore largement de sept centrales thermiques anciennes, régulièrement affectées par des pannes ou arrêtées pour maintenance. Les groupes électrogènes viennent compléter cette base de production, mais leur fonctionnement dépend des livraisons de carburant, désormais entravées par le blocus pétrolier imposé par Washington en janvier.
Les coupures durent plus de 30 heures à La Havane
Les délestages quotidiens se sont aggravés depuis le début de l’année. À La Havane, les interruptions dépassent désormais 30 heures consécutives, tandis que plusieurs provinces connaissent des coupures de plusieurs jours.
Le gouvernement cubain a lancé il y a deux ans un vaste programme de construction de parcs solaires, sans parvenir à compenser la faiblesse des moyens thermiques et la pénurie de carburant. Les autorités maintiennent donc les délestages comme outil de gestion du déficit entre production disponible et demande électrique.