Washington confirme ses premières pertes depuis le 7 juillet
Le commandement américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a annoncé samedi 18 juillet la mort de deux militaires américains en Jordanie et la disparition d’un troisième. Selon l’armée américaine, ces pertes ont été causées vendredi par des « attaques de missiles et drones iraniens ».
Il s’agit des premiers militaires américains tués depuis la reprise des hostilités le 7 juillet. Depuis le déclenchement de la guerre à la fin février, le bilan des pertes américaines atteint désormais seize morts.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a menacé les États-Unis dans un message écrit diffusé samedi par la télévision d’État iranienne. « Maintenant que l'ennemi américain cherche à inciter à la guerre (...), il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir », a-t-il déclaré.
Khamenei a aussi accusé Washington d’avoir violé à plusieurs reprises le protocole d’accord signé le 17 juin pour faire taire les armes. Selon lui, « la signature du président américain (Donald Trump) est sans valeur ».
Le Koweït dénonce des frappes contre ses infrastructures essentielles
Téhéran a frappé samedi des infrastructures civiles au Koweït pour la deuxième journée consécutive. Les autorités koweïtiennes ont fait état de graves dommages sur un site pétrolier qualifié de « vital » et de l’arrêt de plusieurs unités de production dans une centrale électrique et de dessalement d’eau.
Une installation comparable avait déjà été touchée la veille. Dans un pays où la température a atteint 47°C samedi, le gouvernement koweïtien a condamné des attaques visant des « infrastructures essentielles », tandis que le Conseil de coopération du Golfe a dénoncé des « crimes de guerre ».
La dépendance du Koweït au dessalement accentue la portée énergétique et sanitaire de ces frappes. Environ 90 % de l’eau potable du pays provient du dessalement, selon Associated Press en juillet 2026, ce qui rend les centrales hybrides électricité-eau particulièrement critiques en période de forte chaleur.
Ali Mahmoud, un Égyptien de 46 ans travaillant chez un fournisseur d’électricité koweïtien, a évoqué auprès de l’AFP « l'inquiétude » de la population de « voir la guerre s'étendre ». Il a aussi signalé des appels généralisés à réduire la consommation électrique et à éteindre les équipements non indispensables.
Les frappes américaines touchent aussi la province iranienne d’Hormozgan
En Iran, les autorités locales d’Hormozgan, province riveraine du détroit d’Ormuz, ont affirmé que des attaques américaines avaient « complètement détruit » une station de pompage d’eau de mer et un transformateur électrique d’une usine de dessalement. Cette province a été visée à plusieurs reprises ces derniers jours.
L’armée américaine a indiqué de son côté avoir frappé en Iran, dans la nuit, « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes ». Le communiqué américain ne mentionne pas de cibles civiles.
Selon le ministère iranien de la Santé, les frappes américaines ont causé 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin. Les attaques se sont multipliées dans la région depuis la rupture de la séquence ouverte par le cessez-le-feu conclu en avril, après l’offensive israélo-américaine du 28 février.
Le trafic maritime retombe presque à l’arrêt en Ormuz
Les incidents maritimes se succèdent dans le détroit d’Ormuz, dont la réouverture par l’Iran constituait le principal acquis du protocole d’accord censé ouvrir la voie à la paix. Le trafic maritime y est désormais de nouveau pratiquement à l’arrêt.
Avant la guerre, près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par ce passage stratégique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont traversé le détroit en moyenne en 2025, dont près de 15 millions de barils par jour de brut, soit environ 34 % du commerce mondial de brut.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes « se poursuivraient jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz ». Les États-Unis ont rétabli le blocus des ports iraniens, levé après la signature du protocole d’accord du 17 juin.
À Bahreïn, plusieurs explosions ont été entendues à Manama par un journaliste de l’AFP après le déclenchement de sirènes d’alerte, l’armée bahreïnie indiquant avoir intercepté une nouvelle vague d’attaques iraniennes. Les Gardiens ont aussi affirmé samedi avoir « stoppé » quatre navires dans le détroit et déclaré que deux pétroliers avaient sauté sur des mines, ce que Washington a démenti.