Un site de calcul de 40 MW

L’audience tenue jeudi devant le tribunal administratif de Grenoble porte sur un projet de supercalculateur à Alixan, dans la Drôme. Le collectif Assez DataCenters, qui réunit six associations environnementales et des riverains, demande la suspension du permis de construire. Le recours a été déposé en février contre l’autorisation accordée au projet porté par la start-up marseillaise Sesterce. L’installation doit prendre place dans un bâtiment existant du site de Rovaltain, à proximité immédiate de la gare de Valence TGV.

Selon Anthony Tchakerian, cofondateur de Sesterce cité par Le Dauphiné Libéré, le projet représente environ 1,5 milliard d’euros d’investissement. La puissance prévue atteindrait d’abord 40 MW, avec une possibilité de montée à 80 MW.

Les opposants contestent l’absence d’étude d’impact

L’avocat du collectif, Me Louis Cofflard, a soutenu que la demande ne relevait pas d’une opposition de principe aux data centers, mais d’une contestation du contenu du dossier. Il a estimé devant le tribunal que « le dossier est monté un peu n’importe comment ». Me Cofflard a affirmé que « les risques environnementaux sont extrêmement élevés » et que le lancement des travaux créerait des « conséquences irréversibles ». Il reproche notamment à l’entreprise de ne pas avoir réalisé d’étude d’impact, alors que le projet pourrait, selon lui, augmenter la température « à l’échelle de la Zac » où il est situé et provoquer des nuisances sonores pour des riverains habitant à 200 mètres.

L’un des avocats de la défense, Me Damien Richard, a contesté cette analyse. « Il n’y a pas de risque avéré, de risque majeur qui justifierait ni une suspension du permis de construire, ni une annulation du permis de construire », a-t-il déclaré. Me Richard a aussi défendu la régularité du dossier, qu’il juge « construit correctement ». Selon lui, le projet présente « une puissance de développement et une puissance de consommation électrique qui sont conformes à ce qui est autorisé sur le secteur ».

Une décision attendue la semaine prochaine

Le dossier d’Alixan s’inscrit dans l’essor des data centers liés au calcul intensif, à l’intelligence artificielle et aux services numériques. En janvier 2026, l’Ademe a recensé 352 centres de données actifs en France. Dans son scénario tendanciel publié début 2026, l’Ademe estime que la consommation d’électricité induite par les usages numériques français pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035. L’agence identifie l’intelligence artificielle comme l’un des principaux moteurs de cette progression, aux côtés de l’augmentation des services numériques et de la montée en taille des infrastructures.

Sollicité, le groupe Sesterce n’avait pas répondu dans l’immédiat. La décision du tribunal administratif de Grenoble est attendue à la fin de la semaine du 6 juillet.