Une baisse concentrée en fin de journée
Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE a indiqué mercredi que l’éclipse du 12 août 2026 devrait provoquer une variation rapide de la production solaire, entre 19 h 30 et 21 h 30. En France, le phénomène pourrait masquer jusqu’à 99 % du disque solaire dans certaines zones, tandis que la totalité sera observable dans le nord de l’Espagne.
Dans l’hypothèse d’un ciel dégagé, RTE estime que la puissance photovoltaïque injectée sur le réseau français pourrait reculer d’environ 1 800 MW au moment le plus marqué de l’éclipse. Cette baisse représenterait près de 3 % de la production électrique nationale, selon les calculs communiqués par le gestionnaire.
À l’échelle européenne, la diminution attendue atteindrait près de 9 700 MW de production solaire, soit l’équivalent de 3,7 % des capacités photovoltaïques installées dans l’Union européenne. RTE évalue l’impact à 3 300 MW pour l’Allemagne et à 3 000 MW pour l’Espagne, deux systèmes électriques plus exposés que la France lors de cet épisode.
Un suivi coordonné par les gestionnaires de réseau
Le phénomène impose aux dispatchings de suivre une baisse, puis une remontée rapide de l’ensoleillement en quelques dizaines de minutes. RTE rappelle que la conduite du système électrique consiste à maintenir l’équilibre instantané entre production et consommation, tout en assurant la sécurité d’alimentation.
Le gestionnaire français ne prévoit toutefois « aucun impact sur les consommateurs » en France. RTE met en avant une production d’électricité jugée abondante et le fait que l’éclipse se produira en fin de journée, après les heures où la production solaire atteint habituellement ses niveaux les plus élevés.
L’événement sera également surveillé par ENTSO-E, l’association européenne des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité. Cette coordination doit permettre de suivre les variations de production sur plusieurs pays interconnectés, notamment dans les zones où la puissance photovoltaïque représente désormais une part importante des injections en journée.
Un parc solaire bien plus important qu’en 1999
RTE souligne que la situation diffère fortement de celle observée lors de l’éclipse de 1999, à une période où le photovoltaïque mondial représentait environ 1 GW de puissance installée. La montée du photovoltaïque oblige désormais les gestionnaires de réseau à intégrer ce type d’événement dans la conduite opérationnelle du système électrique.
La capacité photovoltaïque installée en France dépasse aujourd’hui 30 GW. Selon le service statistique du ministère de la Transition écologique, le parc solaire photovoltaïque national atteignait 33,0 GW au 31 mars 2026, avec une production brute de 6,6 TWh en France métropolitaine au premier trimestre 2026.
RTE cite l’éclipse partielle du 20 mars 2015 comme précédent opérationnel. Ce jour-là, la production photovoltaïque avait diminué d’environ 2 000 MW en France, tandis que la baisse avait atteint 35 GW en Europe.
Le gestionnaire indique que le système avait alors été piloté sans difficulté en temps réel grâce à une préparation détaillée et à la coordination des opérateurs européens. Lors de cet épisode de 2015, la capacité solaire européenne était déjà suffisante pour faire de l’éclipse un sujet de conduite du système, mais nettement inférieure au parc raccordé en 2026.