Un actif français des énergies locales change d’échelle
La cession envisagée porterait sur Idex, groupe fondé en 1963 et positionné sur la conception, le financement, la construction et l’exploitation d’infrastructures énergétiques locales. Antin Infrastructure Partners détient l’entreprise via son Flagship Fund III et son Fund III-B depuis son rachat à Cube Infrastructure Managers en 2018.
Idex exploite notamment 60 réseaux de chaleur et de froid, 32 installations de production d’énergie, 13 unités de valorisation énergétique des déchets et assure la gestion énergétique de 18 000 bâtiments, selon le communiqué commun publié par Antin. Le groupe emploie plus de 6 400 salariés.
Le chiffre d’affaires d’Idex a atteint 1,9 milliard d’euros en 2025, soit plus du double du niveau enregistré lors de son acquisition par Antin en 2018. Son Ebitda a approché 210 millions d’euros en 2025, selon Antin.
JP Morgan viserait une plateforme de chaleur, déchets et services
L’acquéreur potentiel est l’Infrastructure Investments Fund, véhicule d’investissement conseillé par une équipe dédiée de J.P. Morgan Investment Management. Le fonds cible des infrastructures longues, dont les énergies renouvelables, les services publics, l’eau, le gaz naturel, les réseaux électriques et les transports.
Le portefeuille de l’Infrastructure Investments Fund compte 18 sociétés principalement situées aux États-Unis, en Europe, au Canada et en Australie, selon Antin. Le fonds indique également disposer d’actifs renouvelables représentant 11,6 GW de capacité, dont environ 1 GW en France.
Benjamin Fremaux, directeur général d’Idex, a présenté l’arrivée possible du nouvel actionnaire comme un moyen d’accélérer les projets de décarbonation destinés aux industriels et aux collectivités clientes. Ben Francis, Investment Principal auprès de l’Infrastructure Investments Fund, a de son côté mis en avant les besoins français en énergie locale, bas carbone et pilotable.
Une opération estimée à 3,8 milliards d’euros
Le prix de la transaction envisagée atteindrait 3,8 milliards d’euros, dont 2 milliards de dette, selon l’Informé et Les Echos. Lors du précédent changement de contrôle en 2018, Idex avait été valorisé 1,3 milliard d’euros, d’après les mêmes sources.
La progression de valorisation intervient après une phase d’expansion géographique et commerciale d’Idex sous l’actionnariat d’Antin. Le groupe s’est développé en France et en Europe, avec des implantations mentionnées par Antin en Belgique, en Lituanie et en Italie.
Dans son activité de réseaux de chaleur et de froid, la part des énergies renouvelables et de récupération utilisée par Idex est passée de 40 % en 2018 à 65 % en 2025, selon Antin. Le groupe mobilise notamment déchets, biomasse, géothermie, solaire et chaleur de récupération pour alimenter ses infrastructures locales.
La finalisation dépend encore des autorisations françaises
L’opération reste soumise aux approbations réglementaires usuelles et à la procédure d’information des instances représentatives du personnel. Les autorités françaises doivent encore valider le changement de contrôle envisagé.
Antin prévoit une clôture de l’acquisition au premier trimestre 2027. Morgan Stanley et Rothschild & Co conseillent Antin sur le volet financier, tandis qu’UBS accompagne l’Infrastructure Investments Fund.