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L'UE attend des prix compétitifs pour acheter du GNL américain

  • AFP
  • parue le

Les États-Unis pourraient devenir un partenaire stratégique de l'UE pour ses approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL) et l'aider à être moins dépendante de la Russie, à condition de pratiquer des "prix compétitifs", a déclaré jeudi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

L'Union européenne a acheté 2,8 milliards de m3 de gaz naturel liquéfié américain en 2017. Une goutte face aux énormes besoins des Européens qui importent chaque année plus des deux tiers (66%) de leur consommation, soit 360 milliards de m3 de gaz, dont 55 milliards de m3 sous forme liquéfiée, pour une facture de 75 milliards d'euros, selon les statistiques européennes.

À ce jour, le géant russe Gazprom couvre 35% de la consommation de l'UE et la moitié des achats transite par l'Ukraine. L'Allemagne et la Russie ont entrepris de contourner l'Ukraine avec le doublement du gazoduc Nord Stream via la mer Baltique (Nord Stream 2).

Les États-Unis ont décidé de se placer dans les approvisionnements de gaz européens car "les importations de gaz naturel liquéfié vers l'Europe devraient augmenter de près de 20% d'ici à 2040 par rapport aux niveaux de 2016", selon l'Agence internationale de l'énergie.

Washington utilise la manière forte pour parvenir à ses fins. Le président Donald Trump a ainsi exigé l'abandon du projet de doublement de Nord Stream et a contraint les Européens à se désengager d'Iran, qui possède les plus importantes réserves gazières au monde après la Russie, avec notamment le gisement offshore de Pars Sud.

Il a enfin obtenu l'engagement des Européens à acheter plus de gaz américain en contrepartie de son consentement à ne pas imposer de nouveaux droits de douane sur les berlines exportées par les Européens. Mais le marché européen est loin d'être acquis. Les prix du gaz américain sont encore loin d'être compétitifs en raison de ses coûts de production et de transport, expliquent les services de la Commission européenne.

Les États-Unis possèdent actuellement une capacité de liquéfaction de 28 milliards de mètres cubes, à laquelle devraient s'ajouter 80 milliards de mètres cubes supplémentaires d'ici à 2023. Mais ils doivent "supprimer les formalités administratives liées aux exportations de gaz naturel liquéfié", a rappelé Jean-Claude Juncker après sa rencontre avec Donald Trump le 20 août à Washington. "La législation américaine exige toujours que les exportations de gaz naturel liquéfié vers l'Europe fassent l'objet d'une autorisation réglementaire préalable", a précisé la Commission.

L'UE cherche à diversifier ses approvisionnements car sa production diminue. Elle développe de nouvelles capacités de traitement en mer Adriatique, sur l'île de Krk, en Croatie, dans la Baltique, en Pologne, et dans la mer Méditerranée, en Grèce.

Plus de 40 méthaniers en provenance des États-Unis sont arrivés en Europe depuis le début de l'année 2016. Ils ont accosté en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume Uni, à Malte, en Pologne et au Portugal. L'Espagne, avec six terminaux de regazéification, se voit en tête de pont pour le GNL américain et presse pour réaliser le projet STEP, l'interconnexion avec le réseau français afin de pouvoir approvisionner le reste de l'Europe.


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