Energie: Mario Draghi critique le cavalier seul de Berlin

  • AFP
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Le président du Conseil italien Mario Draghi a critiqué le cavalier seul de l'Allemagne, qui a annoncé jeudi qu'elle allait débloquer jusqu'à 200 milliards d'euros supplémentaires pour limiter les prix du gaz et de l'électricité.

"Face aux menaces communes de notre époque, nous ne pouvons pas nous diviser en fonction de la marge de manoeuvre de nos budgets nationaux", a déclaré M. Draghi dans un communiqué publié par la présidence du Conseil, dans une allusion transparente au plan massif annoncé par l'Allemagne.

"La crise énergétique requiert de la part de l'Europe une réponse permettant de réduire les coûts pour les familles et les entreprises, de limiter les gains exceptionnels réalisés par les producteurs et importateurs, d'éviter des distorsions dangereuses et injustifiées du marché intérieur", a poursuivi M. Draghi, appelant les Européens à se "montrer unis, déterminés, solidaires".

En marge de la réunion vendredi des ministres européens de l'Energie à Bruxelles, le ministre de la Transition écologique Roberto Cingolani, qui représente l'Italie, a réaffirmé pour sa part "la nécessité d'instaurer un plafond au prix du gaz", demandé avec insistance par Rome depuis des mois mais qui bute en particulier sur les réticences allemandes.

"La priorité du moment est de faire baisser le prix du gaz mais la seconde priorité est d'éviter qu'en faisant cela nous créions une pénurie de gaz", a-t-il expliqué.

"Nous avons esquissé tous les points à aborder (...) Nous étions 7-8 ministres des pays consommant le plus d'énergie", a-t-il précisé, ajoutant que "les positions sont très collaboratives".

Les ministres européens ont trouvé un accord vendredi sur des mesures d'urgence pour aider ménages et entreprises de l'UE, visant à récupérer une partie des "superprofits" des producteurs d'énergie pour les redistribuer aux consommateurs, et imposer une réduction de la demande d'électricité aux heures de pointe.

Au total, des recettes d'environ 140 milliards d'euros pourraient ainsi être reversées, selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Mais une majorité d'Etats membres --quinze, dont la France, la Belgique, l'Italie et l'Espagne-- estiment qu'il faut encore s'attaquer au "problème le plus grave": ils réclament un plafonnement des prix de gros du gaz sur le marché européen.

La probable future présidente du Conseil Giorgia Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italie vainqueur des législatives de dimanche, s'est elle aussi montrée critique envers Berlin. "Aucun Etat membre ne peut offrir seul des solutions efficaces sur le long terme en l'absence d'une stratégie commune, pas même ceux qui apparaissent moins vulnérables sur le plan financier", a-t-elle dit.

"Face au défi de la crise énergétique il faut une réponse imémdiate au niveau européen", a-t-elle encore affirmé jeudi soir.

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