Les bombardements gagnent le sud iranien
Les États-Unis ont mené deux nouvelles vagues de frappes contre l’Iran au cours des dernières 24 heures, tandis que Téhéran a répondu par des attaques visant des pays de la région alliés de Washington. Les affrontements avaient repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, attribuées à l’Iran.
L’armée américaine affirme avoir visé des objectifs militaires « utilisés pour menacer les navires transitant librement par le détroit d’Ormuz ». Les autorités iraniennes accusent toutefois Washington d’avoir aussi touché des infrastructures civiles, dont l’aéroport de Semnan, situé à environ 250 km de Téhéran.
À Ahvaz, dans le sud-ouest de l’Iran, un hôpital a été évacué après des frappes américaines menées à proximité, selon les autorités locales, qui ont dénoncé une « attaque barbare ». Des explosions ont également été signalées par les médias d’État à Bandar Abbas, Chabahar et sur l’île de Qeshm.
Le risque énergétique reste concentré sur Ormuz
Les installations pétrolières et gazières du Golfe n’auraient pas été touchées à ce stade, mais l’Iran menace de détruire des infrastructures régionales si ses propres sites sont attaqués. Donald Trump a déclaré mardi 14 juillet que les États-Unis frapperaient les ponts et les centrales électriques iraniens si Téhéran ne reprenait pas les négociations.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitaient avant la guerre environ un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux, est de nouveau verrouillé par l’Iran depuis le week-end dernier. En réaction, Washington a rétabli mardi soir son blocus des ports iraniens.
Le trafic maritime s’est fortement contracté dans la zone, avec seulement treize navires commerciaux recensés mardi 14 juillet par la société de suivi Kpler. L’Organisation maritime internationale indiquait le 15 juin 2026 avoir vérifié au moins 46 attaques contre la navigation internationale dans et autour du détroit depuis le début du conflit, le 28 février.
Les cours du pétrole ont peu varié jeudi après leur forte hausse du début de semaine, le baril de Brent évoluant autour de 85 dollars. La fermeture d’Ormuz et le rétablissement du blocus américain maintiennent une contrainte directe sur les flux de pétrole brut, de produits raffinés et de GNL entre le Golfe et les marchés asiatiques ou européens.
La médiation pakistanaise se heurte à l’escalade
Le Pakistan, médiateur des discussions entre Washington et Téhéran, a demandé jeudi aux deux parties de mettre « fin aux violences et à reprendre les discussions ». L’appel renvoie au protocole d’accord signé mi-juin, qui prévoyait une désescalade et un retour progressif à la circulation maritime normale.
Selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères, des discussions techniques de mise en œuvre de ce protocole devaient réunir le 21 juin 2026 en Suisse des représentants américains et iraniens, avec le Pakistan et le Qatar comme médiateurs. La reprise des frappes depuis le 7 juillet compromet ce calendrier diplomatique.
L’Iran a répliqué aux frappes américaines par des attaques de drones contre Bahreïn, le Koweït et la Jordanie. En Irak, le Premier ministre a condamné une « attaque de drones » près du consulat américain à Erbil, dans la région du Kurdistan, première attaque signalée dans cette zone depuis la trêve d’avril.
Les autorités iraniennes font état de plus de trente civils tués depuis la reprise des affrontements, ainsi que de sept militaires morts. À Téhéran, jusqu’ici épargnée par les bombardements, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés en périphérie dans la nuit, tandis qu’un panneau rouge affichait en anglais « Qui sera le prochain? » avec le hashtag #lindseygraham, du nom du sénateur républicain décédé le 11 juillet.