« Un changement d'échelle »
L’appel d’offres « AO10 » porte sur près de 10 GW de nouvelles capacités réparties sur toutes les façades maritimes, selon le ministère chargé de l’Énergie. Les zones visées incluent Fécamp‑Grand‑Large, Bretagne‑Nord‑Ouest, Bretagne‑Sud, Oléron, Narbonnaise Sud Hérault, Golfe du Lion Centre et Golfe de Fos. La moitié du volume cible (5 GW) relève de l’éolien posé et l’autre moitié du flottant, permettant un éloignement accru des côtes. Pour rappel, la France exploite aujourd’hui environ 2 GW de capacités éoliennes en mer.
Le ministère évoque un changement d’échelle pour la filière. « AO10 » « marque véritablement un changement d’échelle », indique‑t‑il, ajoutant qu’« c’est l’un des plus importants programmes de développement de l’éolien en mer jamais engagé en Europe, avec une ambition claire : bâtir une énergie abondante, décarbonée, et souveraine ».
Un prix moyen pondéré de 100 €/MWh
Le cahier des charges retient un prix moyen pondéré de 100 €/MWh sur 25 ans. Pour préserver ce niveau de tarif, le dispositif prévoit de privilégier, lorsque c'est pertinent, des extensions de champs existants afin de limiter les coûts de raccordement au réseau de transport d’électricité. Cette approche vise à mutualiser des infrastructures déjà déployées et à réduire les délais de mise en service.
Le gouvernement rappelle que la publication de l'AO10 intervient quelques semaines après le lancement du plan d’électrification. « Face aux tensions géopolitiques qui ont rappelé à tous l’importance de maîtriser notre approvisionnement énergétique et face à l’impératif de réindustrialisation du pays, on doit accélérer », souligne le ministère.
Objectifs de la PPE3
Les candidats à l'appel d'offres disposent de quatre mois pour remettre leur dossier. La CRE instruira les offres d’ici fin 2026-début 2027, en vue d'une « désignation des lauréats en février 2027 ». Pour rappel, la PPE3, publiée en février dernier, prévoit d’atteindre 15 GW de puissance éolienne offshore mise en service en 2035 et 45 GW à l’horizon 2050 (avec un un facteur de charge de 45 % attendue pour cette technologie).
En 2025, la production éolienne en mer en France a atteint 5,7 TWh, d’après les statistiques du Service des données et études statistiques. Le développement des installations flottantes, amorcé avec des projets pilotes comme EFGL, complète le développement des capacités posées.