Le groupe ExxonMobil, sous pression d'investisseurs activistes, se prépare à changer son conseil d'administration

  • AFP
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Le géant américain du pétrole ExxonMobil, sous pression d'investisseurs activistes, se prépare à faire évoluer son conseil d'administration, à adopter de nouvelles mesures pour réduire son empreinte environnementale et à éventuellement réduire encore ses dépenses d'investissement, affirme mercredi le Wall Street Journal.

Selon le quotidien économique, qui cite des sources anonymes au courant des délibérations, l'entreprise pourrait notamment ajouter un ou plusieurs membres à son conseil d'administration. Dans un communiqué, ExxonMobil a confirmé avoir engagé depuis décembre des discussions avec la société d'investissement Engine No.1, qui a proposé la nomination de quatre nouveaux membres au conseil d'administration.

Engine No.1 estime que la major pétrolière doit évoluer, notamment en ne dépensant pas forcément autant dans de nouveaux projets de pétrole ou de gaz et en envisageant plus sérieusement les énergies alternatives. Selon le Wall Street Journal, ExxonMobil fait aussi face à la pression du fonds D.E. Shaw Group.

L'entreprise américaine a affirmé mercredi qu'elle allait "continuer à tenir ses actionnaires au courant dans les prochaines semaines de sa stratégie pour dégager de la valeur de long terme et durable". ExxonMobil, qui doit publier ses résultats financiers le 2 février, "va aussi apporter une mise à jour sur sa performance et sur les actions prises pour lutter contre le changement climatique".

La société avait déjà indiqué mi-décembre qu'elle allait accentuer ses efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre au cours des cinq prochaines années. Le groupe s'est notamment fixé comme objectif la diminution de 15% à 20% des émissions de ses activités d'exploration et d'exploitation du pétrole d'ici 2025 par rapport à 2016.

ExxonMobil a aussi réaffirmé mercredi son intention de réduire les coûts et d'améliorer sa performance opérationnelle "afin d'apporter de meilleurs retours aux actionnaires et de maintenir un dividende solide et garanti". Le groupe a été durement frappé par les restrictions imposées pour enrayer la propagation du Covid-19 et est resté dans le rouge au cours des trois premiers trimestres 2020.

Pour s'ajuster à la chute de ses revenus, la major a déjà bien taillé dans ses effectifs, estimant que le nombre de ses employés dans le monde allait reculer de 15% d'ici fin 2022 comparé à fin 2019. Elle a aussi décidé fin novembre d'abandonner des projets jugés moins stratégiques et a inscrit en conséquence une charge de dépréciation d'actifs de 17 à 20 milliards de dollars dans ses comptes du quatrième trimestre.

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