Arguments retenus par la cour
La juridiction d’appel valide la légalité de l’autorisation environnementale en jugeant que « l’information relative aux effets sur l’environnement de son approvisionnement en bois est désormais suffisante et l’autorisation environnementale conforme au droit ». Elle relève encore que « l’enquête publique complémentaire s’est déroulée dans des conditions régulières et qu’il a été suffisamment remédié aux lacunes qui affectaient les études initiales ».
Les magistrats précisent qu’il n’appartient pas à la cour « de se substituer aux pouvoirs publics dans des choix de politique publique, y compris en matière de transition énergétique ». Ils ajoutent qu’« au regard de l’ensemble des prescriptions imposées par l’État en 2025, […], l’autorisation environnementale, ainsi modifiée, ne méconnaît plus les règles juridiques s’imposant en matière d’installations classées pour la protection de l’environnement ».
L’appel de France Nature Environnement (FNE) est rejeté. L’exploitant GazelEnergie, filiale du groupe EPH de Daniel Kretinsky, propriétaire du site depuis 2019, salue une issue qui sécurise l’exploitation : « GazelEnergie se réjouit de cette confirmation qui permet de continuer l’exploitation de la centrale dans un cadre juridique stabilisé », déclare son président Frédéric Faroche.
Une ancienne centrale à charbon
Ancienne centrale à charbon de 600 MW, l’installation de Gardanne a été convertie à la biomasse pour une production électrique de 150 MW, capable de satisfaire les besoins en électricité d’environ 125 000 foyers, selon l’exploitant. À la suite d’un arrêt du Conseil d’État du 27 mars 2023 imposant d’analyser les effets indirects de l’installation, notamment sur les massifs forestiers, GazelEnergie a refondu son étude d’impact et son plan d’approvisionnement. Validé par l’État en novembre 2025 et assorti de prescriptions complémentaires, le plan d’approvisionnement prévoit l'utilisation de 450 000 tonnes de bois par an, environ la moitié provenant d’un rayon de 240 kilomètres.
FNE déplore l’arrêt rendu : « C’est une très mauvaise nouvelle pour les forêts, lesquelles sont pourtant notre meilleur allié contre le réchauffement du climat, que nous vivons actuellement de plein fouet », réagit Judith Sébert, juriste FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour rappel, la Cour des comptes avait également critiqué fin février 2026 un soutien public - accordé « dans des conditions contestables tant aux plans technique, juridique qu'environnemental » - initialement estimé à 800 millions d’euros sur huit ans, qui pourrait, selon certaines hypothèses, doubler.