Deux unités indisponibles à Chooz

À Chooz, dans les Ardennes, EDF a stoppé l’unité de production n°1 samedi 1er août à 23h05 afin de se conformer au cadre franco-belge signé le 8 septembre 1998 sur la gestion du débit de la Meuse. La centrale, implantée dans une boucle du fleuve à proximité de la frontière belge, dispose de deux réacteurs à eau pressurisée de 1 450 MWe, selon les données de l’exploitant.

Le réacteur n°2 de Chooz était déjà hors production depuis le 11 juillet dans le même cadre. EDF indique que cet accord prévoit une adaptation possible du fonctionnement des unités afin de maintenir un débit suffisant pour les usages du fleuve, côté français comme côté belge.

Cattenom concernée par la baisse de la Moselle

EDF a aussi placé à l’arrêt, à titre préventif, un réacteur de la centrale de Cattenom dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, en raison de la diminution du débit de la Moselle. Le site mosellan compte quatre réacteurs à eau pressurisée de 1 300 MWe, d’après la fiche 2026 publiée par EDF.

Les trois unités concernées à Chooz et Cattenom restaient arrêtées lundi 3 août en début d’après-midi, a confirmé l’énergéticien. Ces indisponibilités s’ajoutent aux ajustements de production que l’exploitant peut appliquer lorsque les conditions hydrologiques ne permettent plus de respecter les limites associées aux prélèvements, aux rejets et à l’échauffement des cours d’eau.

Des contraintes liées au refroidissement

Le parc nucléaire français compte 57 réacteurs, tous situés en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau pour assurer le refroidissement des installations. En 2025, la production nucléaire française a atteint 373,0 TWh et représenté 68,1% de l’électricité produite en France, selon le bilan électrique de RTE.

En période de sécheresse ou de canicule, la combinaison d’un débit plus faible et d’une température plus élevée des rivières peut conduire EDF à réduire la puissance de certains réacteurs ou à les arrêter. Ces mesures visent à respecter les règles environnementales applicables aux rejets chimiques ou radioactifs et aux rejets thermiques issus des circuits de refroidissement.

D’autres baisses de puissance programmées

Les Ardennes et la Moselle étaient placées lundi 3 août en vigilance jaune canicule. EDF signale par ailleurs que quatre autres réacteurs font l’objet d’adaptations de puissance : Bugey 3 pendant quelques heures le 3 août, Tricastin 4 pendant quelques heures prévues le 4 août, ainsi que Saint-Alban 1 et Saint-Alban 2.

Pour Saint-Alban 2, la réduction de puissance devait concerner quelques heures le 3 août. Les sites de Bugey, Tricastin et Saint-Alban sont installés sur le Rhône, fleuve dont les conditions de débit et de température peuvent aussi encadrer l’exploitation des réacteurs lors des épisodes de chaleur.