Frappes signalées sur la capitale yéménite

À Sanaa, au moins cinq explosions ont été entendues samedi 3 octobre dans plusieurs secteurs de la ville, selon un journaliste présent dans la capitale yéménite. Un autre journaliste a observé deux avions de chasse tirer des missiles sur la ville.

La chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis, a dénoncé une « agression saoudienne contre Sanaa », sans donner de bilan ni préciser les sites touchés. Plus tôt samedi, elle avait affirmé que « l'ennemi saoudien visait avec des missiles le réseau de télécommunications dans la région de Saada », bastion houthi du nord du Yémen.

Les Houthis avaient déjà accusé l’Arabie saoudite d’avoir bombardé Sanaa dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 octobre. Ryad soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu, tandis que les combattants antigouvernementaux, proches de l’Iran, visent régulièrement le royaume depuis la reprise des hostilités en juillet.

Un incendie observé sur une installation d’Aramco

Après les frappes rapportées sur Sanaa, des flammes et de la fumée se sont élevées samedi d’une installation appartenant à Saudi Aramco, au sud de Ryad, selon un journaliste présent sur place. Les causes de l’incendie n’étaient pas établies dans l’immédiat.

Les Houthis n’avaient pas revendiqué d’attaque contre ce site au moment des premières observations. Les autorités saoudiennes n’avaient pas non plus communiqué sur l’incendie, laissant ouvertes les questions relatives aux circonstances et à d’éventuels dommages industriels.

La sensibilité énergétique de ces incidents est renforcée par la place de l’Arabie saoudite dans les flux pétroliers mondiaux. Selon l’Energy Information Administration américaine, 23,2 millions de barils par jour de pétrole et autres liquides ont transité par le détroit d'Ormuz au premier semestre 2025, soit 29 % des flux pétroliers maritimes mondiaux.

Bab el-Mandeb devient un point de pression supplémentaire

Les Houthis ont renforcé en septembre leur contrôle du littoral yéménite sur la mer Rouge après une offensive rapide. Cette avancée accroît leur emprise autour du détroit de Bab el-Mandeb, passage reliant la mer Rouge au golfe d’Aden et route d’accès vers le canal de Suez.

Ce verrou maritime a pris davantage d’importance depuis les fortes restrictions imposées fin février par l’Iran à la navigation dans le détroit d’Ormuz, après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Selon l’EIA, les flux pétroliers transitant par Bab el-Mandeb avaient déjà chuté de plus de moitié entre 2023 et 2024, avant de remonter à 8,1 millions de barils par jour au premier semestre 2025.

L’offensive terrestre des Houthis a fait des centaines de morts et aggravé une crise humanitaire ancienne. Le Programme alimentaire mondial a averti vendredi 2 octobre que la crise de la faim au Yémen menaçait de devenir « absolument dévastatrice ».

Le PAM a indiqué le 2 octobre assister environ 2,4 millions de personnes confrontées à une faim sévère dans les zones contrôlées par le gouvernement yéménite. Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, avait connu plusieurs années d’accalmie avant de replonger dans la guerre en juillet.

Les tractations diplomatiques restent bloquées

La reprise des combats au Yémen a ouvert un nouveau front dans le conflit régional, alors que les négociations pour un règlement politique marquent le pas. Les appels de Ryad à une aide internationale, notamment américaine, sont restés jusqu’ici sans résultat concret.

D’après le site américain Axios, qui cite trois responsables américains, les principaux membres du cabinet du président Donald Trump se sont réunis vendredi à Camp David pour examiner les prochaines étapes de la guerre avec l’Iran et du conflit au Yémen.