La Finlande a annoncé mardi qu'elle soupçonnait qu'une intervention extérieure était à l'origine de la fuite sur le gazoduc connecté à l'Estonie et a reçu le soutien de l'Otan dans son enquête.
Le gestionnaire du réseau gazier finlandais avait annoncé dimanche la fermeture de cette infrastructure en raison d'une fuite, rendant inopérant le dernier gazoduc en service du pays après l'arrêt des importations russes.
"Il est probable que les dommages causés au gazoduc et au câble de télécommunications résultent d'une activité extérieure", a déclaré le président finlandais Sauli Niinistö dans un communiqué.
La cause de cette fuite n'est pas encore claire et "l'enquête se poursuit, en coopération entre la Finlande et l'Estonie", a-t-il ajouté. Le pays nordique a reçu l'appui de l'Otan, dont il est devenu membre en avril après des décennies de neutralité.
Le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, a indiqué être en contact avec le président finlandais et être prêt à soutenir le pays. "L'Otan partage les informations et se tient prête à soutenir les Alliés concernés", a écrit M. Stoltenberg sur X (ancien Twitter).
L'opérateur finlandais de télécoms Elisa a aussi révélé qu'une "perturbation" affectait le câble sous-marin reliant la Finlande et l'Estonie via le golfe de Finlande, mais qu'aucun client n'était touché.
"Les dommages causés à l'infrastructure sous-marine ont été pris au sérieux et les causes font l'objet d'une enquête depuis dimanche", a précisé de son côté le président finlandais.
Gasgrid, gestionnaire du gazoduc "Balticconnector", a assuré être en mesure d'élaborer "des plans de réparation" et un calendrier des travaux une fois l'origine de la fuite établie.
Entre-temps, la situation du système gazier finlandais est stable et l'approvisionnement par le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) flottant à Inkoo (sud) est assuré, a souligné l'entreprise d'Etat dans un communiqué.
« Situation préoccupante »
Concernant l'approvisionnement en gaz, le continent européen peut envisager un hiver sûr, analyse Simone Tagliapietra, expert en énergie à l'institut Bruegel. "Mais cela suppose l'intégrité de ses gazoducs et de ses infrastructures GNL", a-t-il dit. "Un sabotage ou des perturbations pourraient avoir de graves conséquences. L'évolution de la situation au niveau du Balticconnector en Finlande est très préoccupante à cet égard", a-t-il ajouté.
La Russie a cessé de fournir du gaz naturel à la Finlande par gazoduc après que le pays nordique a refusé de payer Moscou en roubles.
À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Moscou a demandé aux clients des "pays non amicaux", y compris les États membres de l'Union européenne, de payer le gaz en roubles, une manière d'éviter les sanctions financières occidentales contre sa banque centrale.
La fuite de dimanche intervient un an après le sabotage du gazoduc Nord Stream transportant du gaz naturel de la Russie vers l'Allemagne, le 26 septembre 2022, dont l'origine reste toujours une énigme.
Quatre énormes fuites de gaz précédées d'explosions sous-marines se sont produites sur Nord Stream 1 et 2, conduites qui acheminaient l'essentiel du gaz russe vers l'Europe.
Aucune des trois enquêtes judiciaires lancées séparément par l'Allemagne, la Suède et le Danemark n'a encore abouti.
Plusieurs pays, dont la Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis, ont été accusés d'en porter la responsabilité, mais tous s'en sont défendus.
Le gaz naturel, qui représente environ 5% de la consommation d'énergie de la Finlande, est utilisé principalement dans l'industrie et la production combinée de chaleur et d'électricité.
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