« La Chine était l'opinion dissidente »
Réunis pendant deux jours aux États-Unis, les ministres des Finances du G20 ont placé le détroit d'Ormuz au rang des risques pesant directement sur l'économie mondiale. Le communiqué final affirme que « la liberté, la sécurité et la prévisibilité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et partout dans le monde, ainsi que le règlement des guerres et conflits en cours, sont essentiels pour assurer une croissance durable ». Le paragraphe consacré à Ormuz a été validé par tous les membres du G20 sauf la Chine, selon le communiqué publié à l'issue de la réunion.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a indiqué lors de sa conférence de presse qu'il visait un texte adopté par l'ensemble des participants. « Malheureusement, nous avons été capables d'atteindre un consensus pour l'ensemble des participants à l'exception d'un seul », a-t-il déclaré, sans nommer directement Pékin à ce moment de son intervention.
Le désaccord chinois ne s'est pas limité à la formule sur Ormuz. D'après le communiqué final, Pékin a également refusé plusieurs paragraphes relatifs aux déséquilibres mondiaux, une formulation visant indirectement l'excédent commercial chinois, ainsi qu'au cadre commun de restructuration des dettes souveraines des pays en crise. Interrogé ensuite sur ce blocage, Scott Bessent a explicitement mis en cause Pékin. « Il est évident que le pays avec le plus important et insoutenable surplus de compte courant, la Chine était l'opinion dissidente », a affirmé le secrétaire américain au Trésor.
Un appel de l'Union européenne
La portée économique de la formulation défendue par les ministres tient au poids d'Ormuz dans les flux énergétiques. L'Agence internationale de l'énergie estime de son côté qu'environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont emprunté Ormuz en moyenne en 2025. L'AIE précise que les pays membres de l'agence importent près de 29 % du brut passant par le détroit, avec une exposition particulière du Japon et de la Corée du Sud.
Dans une déclaration publiée en marge des réunions des 31 août et 1er septembre à Asheville, l'Union européenne a aussi appelé à poursuivre les efforts diplomatiques afin de rétablir la stabilité régionale et de garantir un transit sûr par Ormuz.