Séparation des activités

Devant les députés et sénateurs réunis en Congrès lundi, le Président a indiqué que la SEEG fera l’objet d’une réorganisation en profondeur. « La SEEG doit être reformée si nous voulons régler de manière durable le problème », a-t-il déclaré, en précisant un double cap : séparer la gestion du secteur de l’eau de celui de l’électricité, et dissocier la production, la distribution et la commercialisation.

Le chef de l’État a attribué une part des défaillances à une « mauvaise gouvernance » et à l’insolvabilité vis‑à‑vis des opérateurs : « Au‑delà des problèmes, les délestages continus sont dus au fait que la SEEG ne paie pas ses opérateurs. » Il a en outre dénoncé « l’incivisme des usagers » avec des pratiques telles que « le non‑paiement des factures, l’enfouissement des compteurs, la fraude […], le vol des câbles, le sabotage des transformateurs ainsi que la piraterie des compteurs et les branchements directs ».

Interconnexion avec la Guinée équatoriale

Les autorités rappellent avoir engagé, ces dernières années, des solutions d’appoint pour sécuriser l’alimentation. En février 2025, l’État a signé un protocole avec la société turque Karpowership pour 150 MW via deux centrales électriques flottantes destinées au Grand Libreville.

Le même mois, le Gabon et la Guinée équatoriale ont procédé à l’interconnexion de leurs réseaux pour soutenir l’approvisionnement du nord du pays. La mise en service a eu lieu le 22 février 2025, selon la présidence gabonaise et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, avec une liaison moyenne tension destinée à sécuriser les besoins de part et d’autre de la frontière.

Toutefois, Steve Saurel Legnongo, l’administrateur provisoire de la SEEG, estimait qu’« aucun investissement structurant n’a été fait ces vingt dernières années » alors que la consommation aurait quasiment doublé entre 2010 et 2024. Libreville reste soumis à des délestages tournants, et certaines zones connaissent des coupures d’eau qui se prolongent localement plusieurs mois, selon les autorités.

Accès à l'électricité

Malgré ces tensions d’exploitation, l’accès à l’électricité au Gabon demeure élevé à l’échelle régionale : 94,1 % de la population en 2023, d’après les données de la Banque mondiale, ce qui ne préjuge pas de la continuité de service.

L’exécutif fait du redressement du réseau et de la régulation sectorielle un chantier prioritaire. Brice Oligui Nguema a pris le pouvoir après le renversement de la dynastie Bongo en août 2023, puis a été élu à la présidence en avril 2025 avec 94,85 % des suffrages.