Un « partenaire fiable » pour l'Allemagne

En déplacement à Alger mardi, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a plaidé pour des engagements durables de fourniture de gaz, avant un entretien avec le ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab. Il a présenté l'Algérie comme un « partenaire fiable » pour l'Allemagne.

Wadephul a relié cette recherche de contrats à la nécessité de « diversifier » les approvisionnements énergétiques allemands. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, Berlin affirme s'être séparé « en grande partie voire presque totalement » des livraisons russes d'énergie, et totalement pour le gaz, selon le ministre. Le responsable allemand a également évoqué la crise du détroit d'Ormuz, qui a contribué selon lui à la hausse des prix. Ces deux crises ne devraient pas être réglées « rapidement », a-t-il estimé, en disant espérer que l'Allemagne puisse sécuriser en Algérie une partie de ses besoins gaziers.

Des stocks allemands nettement sous la moyenne européenne

La faiblesse du remplissage des stockages donne un relief particulier à la démarche allemande. Les réservoirs de gaz du pays sont remplis à 53 %, contre 65 % en moyenne dans l'Union européenne, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory. Ce niveau nourrit des inquiétudes sur la couverture de la demande hivernale et sur la trajectoire des prix du gaz. En Allemagne, les volumes stockés sont essentiellement commercialisés par des opérateurs privés, ce qui laisse ouverte la question du rythme de remplissage avant l'hiver.

Après la crise gazière déclenchée en 2022 par l'invasion russe de l'Ukraine, le gouvernement allemand avait instauré des objectifs obligatoires de remplissage pour les exploitants de sites de stockage souterrains. Aujourd'hui, la plupart des installations doivent être remplies à au moins 80% au 1er novembre.

Berlin a réduit en 2025 certaines obligations de remplissage, en considérant que le risque pesant sur l'approvisionnement avait diminué. Le gouvernement a notamment mis en avant la mise en service de terminaux de gaz naturel liquéfié et l'élargissement des sources d'importation. Certains observateurs redoutent que des acteurs de marché attendent une intervention publique de dernière minute. Une telle situation pourrait conduire l'État allemand à acheter du gaz à des prix élevés afin de garantir l'approvisionnement pendant la période hivernale.

Un accord en juillet entre Sonatrach et le groupe allemand VNG

Le ministre allemand a indiqué avoir reçu des réponses « très positives » de la part de l'Algérie et de la Tunisie, où il s'était rendu lundi. Selon lui, les deux pays recherchent aussi des partenaires économiques solides en Europe, l'Allemagne restant la première économie du continent.

La relation gazière entre l'Algérie et l'Allemagne s'est déjà concrétisée par un contrat annoncé en juillet 2026 entre Sonatrach et le groupe allemand VNG. D'après Sonatrach, ce contrat de fourniture de gaz naturel prévoit une extension des livraisons vers le marché allemand à partir du 1er janvier 2027.