Une nouvelle hausse du prix repère en octobre

« On a fait des calculs très indicatifs de facture. (...) La facture moyenne 2026 pourrait être de l'ordre de 120 euros de plus par an par rapport à 2025, si les prix se maintiennent jusqu'à la fin de l'année », a indiqué la présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon, interrogée de mardi sur Radio Classique.

Cette projection intervient après l’annonce d’une hausse de 6,3 % du prix repère du gaz au 1er octobre. La CRE attribue ce mouvement à la progression des prix de gros observée en août, après plusieurs relèvements depuis janvier. « Depuis le début de l'année, ça fait une hausse d'environ 30 % », a déclaré Emmanuelle Wargon.

Dans sa grille applicable en octobre 2026 sur la zone de GRDF, la CRE fixe le prix repère moyen à 182,88 €/MWh TTC tous consommateurs résidentiels confondus. Pour un client utilisant le gaz pour le chauffage, le prix moyen du kWh ressort à 0,14557 euro TTC et l’abonnement annuel à 360,79 euros TTC, selon la grille publiée le 10 septembre par le régulateur.

« Vraiment trop tôt pour avoir une visibilité sur les prix en 2027 »

Le prix repère de vente de gaz naturel est publié chaque mois par la CRE depuis la disparition des tarifs réglementés de vente du gaz fin juin 2023. Il comprend un abonnement et une part variable au kWh, avec des composantes d’approvisionnement, d’acheminement, de stockage, de coûts commerciaux et de rémunération du fournisseur.

Ce repère n’impose pas un tarif aux fournisseurs, qui restent libres de construire leurs offres selon leurs propres conditions d’achat et leurs choix commerciaux. Les offres à prix fixe peuvent donc diverger sensiblement de l’indicateur mensuel de la CRE, qui répercute davantage les variations des marchés de gros.

Pour la suite, Emmanuelle Wargon a estimé qu'il était « vraiment trop tôt pour avoir une visibilité sur les prix en 2027. Vous savez, dès qu'il se passe quelque chose dans un sens ou dans l'autre, les marchés s'adaptent ».

Pas d'inquiétude sur les stocks avant l'hiver

La présidente de la CRE a également indiqué que la France disposerait de volumes suffisants de gaz pour l’hiver. Le taux de remplissage des stockages français atteint actuellement 76 %, contre environ 50 % au 1er août, selon Emmanuelle Wargon.

Elle s’est dite confiante dans la capacité du système français à atteindre le seuil de 85 % requis avant la saison hivernale. « On aura suffisamment de gaz dans nos stockages », a-t-elle affirmé, en indiquant que ce niveau devrait être atteint « à peu près au début de l'hiver » ou avant l’entrée dans la période de chauffe.

La situation européenne apparaît moins favorable, selon la présidente de la CRE, qui a évoqué des niveaux de stockage « un petit peu plus bas ». L’Union européenne devra donc continuer à importer du gaz, mais Emmanuelle Wargon a assuré ne pas avoir « d'inquiétude » sur la capacité d’approvisionnement.

Conflit social dans les industries électriques et gazières

Interrogée sur la grève des électriciens et gaziers opposés à une remise en cause de leur tarif préférentiel d’énergie, Emmanuelle Wargon a indiqué ne pas vouloir « participer à cette discussion ». Elle a précisé que ce sujet ne relevait « pas du tout » de son rôle à la tête du régulateur.

La présidente de la CRE a toutefois rappelé que ce tarif préférentiel « fait partie des éléments de rémunération et du statut » des salariés concernés. Elle a aussi souligné que les métiers des industries électriques et gazières étaient « difficiles ». Selon Emmanuelle Wargon, l’enjeu fiscal porte sur le traitement de cet avantage en nature. « Il faut que ce soit correctement fiscalisé mais comme tous les avantages en nature de tous les salariés et la question est là », a-t-elle déclaré.