Washington renonce à un levier commercial contesté
Le président américain a assuré à la Maison Blanche qu’une interdiction des exportations de gazole « n'avait jamais vraiment été sur la table », malgré son soutien public à cette option le 22 septembre. Il a ensuite déclaré : « Nous ne ferons pas d'interdiction des exportations ».
Donald Trump a revendiqué la pression exercée sur les Européens pour mobiliser leurs réserves. « Je l'ai demandé. L'Europe a beaucoup de gazole et ils vont faire une contribution majeure », a-t-il affirmé lors d’un échange avec la presse.
Le G7 organise une libération coordonnée des stocks
Les dirigeants du G7 sont convenus vendredi de libérer jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut sur quatre mois. Selon la déclaration commune du G7, l’opération doit être coordonnée via l’Agence internationale de l’énergie, avec une mise à disposition renforcée de gazole au cours des vingt premiers jours.
L’accord comprend aussi un engagement à ne pas imposer de restrictions aux échanges d’énergie entre pays membres du G7. Ce point répond directement aux inquiétudes créées par la menace américaine d’une interdiction des exportations, qui aurait pu alléger temporairement le marché américain tout en déplaçant la tension vers les importateurs.
L’Europe évite une rupture d’approvisionnement américaine
Le scénario d’un blocage américain inquiétait particulièrement l’Union européenne, dont les États membres dépendent des États-Unis pour 50 % de leurs importations de gazole. S&P Global Commodity Insights a indiqué que les exportations américaines de gazole avaient atteint 1,6 million de barils par jour en août 2026, avec des volumes majoritairement dirigés vers l’Amérique latine et l’Europe.
La mesure décidée par le G7 vise à réduire la pression sur les carburants sans fermer les flux commerciaux entre alliés. Avant le conflit américano-iranien, l’Europe importait aussi 200 000 à 300 000 barils par jour de gazole depuis le golfe Persique, soit environ 10 % de ses importations totales, selon S&P Global Commodity Insights en septembre 2026.
Les prix américains pèsent sur la campagne de mi-mandat
Aux États-Unis, la hausse de l’essence et du gazole alimente le mécontentement des électeurs à quelques semaines d’élections qui détermineront le contrôle du Congrès pour la fin du mandat de Donald Trump. Selon AAA, le prix moyen national du gazole routier atteignait 6,37 dollars par gallon le 2 octobre 2026, après un record de 6,53 dollars le 22 septembre.
La tension sur les prix à la pompe touche directement le transport routier, l’agriculture et la logistique, secteurs fortement consommateurs de diesel. S&P Global Commodity Insights a estimé le 22 septembre qu’un arrêt complet des exportations américaines pourrait nécessiter une réduction d’environ 1,9 million de barils par jour du débit des raffineries américaines, soit près de 12 % de leur activité.