Des missiles iraniens visent une base américaine en Jordanie
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir tiré des missiles contre la base militaire américaine d'Al-Azraq, en Jordanie, en réponse aux attaques américaines visant des pétroliers iraniens. Le corps idéologique de l'armée iranienne a présenté cette frappe comme une opération destinée à « punir l'agresseur ».
L'armée jordanienne a indiqué que 20 missiles iraniens avaient été lancés, dont 18 interceptés. Les deux autres projectiles sont tombés dans des secteurs inhabités, selon la même source.
Les Gardiens de la Révolution ont aussi menacé de s'en prendre à des tankers au Koweït et à Bahreïn. Ils ont ordonné aux équipages de quitter les navires visés par ces avertissements.
Les attaques de navires s'intensifient dans le Golfe
L'armée américaine a affirmé avoir détruit cinq tankers liés à l'Iran dans la région du Golfe. Washington présente ces frappes comme des représailles à des attaques des Gardiens de la Révolution contre un navire de l'armée américaine.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis poursuivraient les frappes contre les pétroliers iraniens en représailles. Les Gardiens de la Révolution ont ensuite affirmé avoir attaqué deux destroyers américains, selon leur déclaration, sans précision opérationnelle supplémentaire dans les éléments disponibles.
Un « petit pétrolier » iranien a été touché mardi par un missile américain au large de l'île de Kharg, a rapporté l'agence iranienne Tasnim, qui n'a pas fait état de victimes. Des médias locaux ont également signalé des explosions dans la ville portuaire de Jask, à proximité du détroit d'Ormuz.
Selon l'Energy Information Administration américaine, les flux de pétrole brut, condensats et produits pétroliers passant par Ormuz sont tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025. Les flux de GNL par ce même passage sont revenus à 0,8 milliard de pieds cubes par jour au deuxième trimestre 2026, contre 10,5 milliards au quatrième trimestre 2025, selon la même source.
Drones, sanctions aériennes et négociations avec Oman
Les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir capturé tôt mardi « l'un des drones sous-marins les plus modernes de l'armée américaine », dans un communiqué relayé par la télévision d'État iranienne. Les États-Unis ont indiqué de leur côté qu'un drone sous-marin de surveillance américain avait « dysfonctionné ».
Le corps militaire iranien a aussi affirmé avoir « intercepté et détruit » un drone aérien au-dessus du détroit stratégique. Ces déclarations interviennent dans un espace maritime où la navigation commerciale, les opérations militaires et les exportations d'hydrocarbures restent directement imbriquées.
Le ministère américain des Finances a annoncé que « toutes les compagnies aériennes iraniennes » étaient désormais visées par des sanctions économiques. Mahan Air et Iran Air figuraient déjà sur des listes de sanctions, auxquelles s'ajoutent 27 transporteurs opérant à l'échelle locale ou régionale.
Washington accuse les autorités iraniennes de « se servir du secteur de l'aviation (...) pour déplacer des armes, du personnel, et des marchandises illégales ». L'administration américaine a également suspendu des dérogations relatives au transport aérien, dont celle permettant à des compagnies non américaines d'exploiter en Iran des avions de fabrication américaine.
Téhéran évoque un couloir permanent à Ormuz
La diplomatie iranienne a fait état mardi de « progrès significatifs » avec Oman au sujet de la gestion du détroit d'Ormuz. Les discussions portent sur la création d'un couloir « permanent » et sur les modalités de « la future gestion du détroit », selon cette source.
L'Iran affirme qu'un retour au régime de libre navigation en vigueur avant la guerre n'est pas envisagé. Cette position conditionne directement le trafic maritime autour d'Ormuz, qui relie le Golfe à la mer d'Arabie et concentre une partie majeure des échanges énergétiques mondiaux.