Guyane : un projet de centrale au fioul remplacé par celui d'une centrale alimentée par de la biomasse liquide

  • AFP
  • parue le

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a "décidé, avec Rodolphe Alexandre" le président de la région Guyane, de remplacer un projet de centrale électrique au fioul à Larivot, "pour retenir une option d'alimentation à 100% fondée sur de la biomasse liquide", selon un communiqué samedi.

"Dans un contexte de forte croissance des besoins en approvisionnement en électricité en Guyane et dans la perspective de la fermeture de la centrale au fioul lourd de Dégrad des Cannes, il était indispensable de trouver sans attendre une solution pérenne et de construire une autre centrale", a observé la ministre dans ce communiqué.

"J'ai considéré qu'il était en revanche hors de question de miser sur le fioul, qui est une énergie polluante et fortement émettrice de CO2. J'ai donc décidé, avec Rodolphe Alexandre, de réorienter le projet de centrale prévu jusqu'ici pour retenir une option d'alimentation à 100% fondée sur de la biomasse liquide", détaille-t-elle.

"Le projet initial prévoyait une centrale fonctionnant au fioul léger, avec une mise en service prévue début 2024", précise son ministère, selon lequel "Barbara Pompili s'assurera que les biocarburants utilisés respectent les critères de durabilité et soient conformes aux directives européennes". Ils ne devront notamment pas provenir de matières premières "présentant un risque élevé d'induire des changements dans l'affectation des sols", excluant notamment huile de palme et soja.

Selon le gouvernement, la réorientation du projet doit permettre de réduire "considérablement les émissions de gaz à effet de serre" et "réduira également fortement les émissions d'oxydes d'azote (- 64%) et d'oxydes de soufre (- 99,6%)".

Commentaires

Roland CHARLOU

Bravo Mme Pompili, continuez.
Venez faire de même à Landivisiau (29).

Justin

Biomasse liquide... des agrocarburants... donc de la déforestation... est ce bien écolo?

François Cordelle

la biomasse liquide peut faire de l'énergie, mais, comme tout ce qui est "bio", elle contient, par définition, du carbone, et émet du CO² quand on le brûle; c'est donc mauvais pour le climat.

Eric

Vous devriez passer un peu plus de temps sur ce sujet. Vous faites de nombreux amalgames totalement faux :
- Personne ne parle de "bio". Le sujet n'a rien à voir
- La biomasse s'est (entre autres) constituée grâce à l'énergie du soleil, et le CO2 qu'elle a captée dans l'atmosphère. Elle ne peut pas relarguer plus de CO2 qu'elle n'en a capté. Le bilan CO2 du processus de production est donc globalement neutre. La biomasse aura permis de capter l'énergie solaire, et de la transformer en quelque chose d'utile. Au bilan cependant, il faut ajouter l'énergie qui aura été nécessaire pour produire les engrais, pesticides, labour, semances etc ... Dans le meilleur des cas vous avez un gain de l'ordre de 60% par rapport à un combustible fossile.

Cependant : il faut prendre en compte le coût de la déforestation si il existe. Car le risque avec la biomasse c'est la modification de l'usage des sols, qui lorsqu'on transforme une forêt en champ relargue énormément de CO2 dans l'atmosphère. Il faudra des dizaines (voir centaines) d'années pour l'amortir par un usage de la biomasse comme carburant à la place de l'énergie fossile.

Le diable se niche donc dans les détails, et il n'est pas du tout écologique de remplacer une forêt par un champ de biomasse.

Les conflits d'usage apparaissent, et ce n'est qu'un début.

Ajouter un commentaire

Sur le même sujet