Rome veut mobiliser des recettes fiscales supplémentaires

Dans une lettre adressée jeudi 1er octobre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la cheffe du gouvernement italien demande que les États membres puissent utiliser une partie du surcroît de recettes fiscales indirectes généré par l’inflation. L’objectif, selon Giorgia Meloni, serait d’amortir la hausse des coûts de l’énergie « de manière temporaire et ciblée ».

La Première ministre italienne souligne que l’espoir d’une résolution rapide de la crise au Moyen-Orient a été déçu au moment où l’Union européenne entre dans le quatrième trimestre, et que « les marchés de l’énergie demeurent extrêmement tendus ». Elle rappelle que plusieurs États membres ont déjà pris des mesures pour limiter la hausse des prix des carburants et des factures de services publics. Selon elle, le revenu disponible réel des ménages reste toutefois affecté par l’accélération de l’inflation globale observée en septembre.

La dirigeante italienne reconnaît dans son courrier le risque associé à une révision de règles budgétaires récemment introduites. Elle rappelle que ces règles poursuivent un objectif partagé par les États membres, la « soutenabilité de la dette ». Rome estime néanmoins que le cadre européen laisse une marge d’appréciation à la Commission européenne pour tenir compte des facteurs mis en avant par le gouvernement italien. La réforme de la gouvernance économique européenne, entrée en vigueur fin avril 2024, repose notamment sur des plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme couvrant quatre à cinq ans et sur une trajectoire de dépenses nettes.

Une inflation de 4,2 % sur un an

Giorgia Meloni souhaite que cette question soit inscrite rapidement à l’agenda européen. Elle propose qu’elle soit traitée lors du prochain Conseil « Affaires économiques et financières » de l’Union européenne, qui doit réunir les ministres des Finances et de l’Économie des États membres le 9 octobre. L’Institut national des statistiques italien a publié mercredi une première estimation faisant état d’une inflation de 4,2 % sur un an en septembre en Italie.

Dans le détail, l’indice italien des prix à la consommation a progressé de 0,7 % sur un mois et de 4,2 % sur un an, contre 3,3 % en août, selon les données provisoires de l’Istat. L’institut statistique attribue l’accélération notamment aux produits énergétiques réglementés, dont les prix sont passés de +18,6 % à +25,9 % sur un an, et aux produits énergétiques non réglementés, passés de +17,0 % à +22,2 %.

L’inflation sous-jacente, hors énergie et produits alimentaires non transformés, est ressortie à 1,7 % en septembre selon l’Istat, après 1,5 % en août. L’indice harmonisé utilisé pour les comparaisons européennes a progressé de 4,1 % sur un an en septembre, contre 3,2 % le mois précédent.