Huile de palme : le gouvernement français veut ouvrir un groupe de travail avec Total

  • AFP
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Le gouvernement veut ouvrir "un groupe de travail" pour voir avec Total s'il est possible de se fournir en huile de palme sans impact sur la forêt, a dit lundi la secrétaire d'État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon.

"Le sujet, c'est pas de déforestation à l'autre bout du monde", a déclaré Mme Wargon sur CNews, après l'imbroglio à l'Assemblée nationale autour de l'avantage fiscal accordé à l'huile de palme.

Les députés ont voté jeudi à toute vitesse un amendement prévoyant le report à 2026 de l'exclusion de l'huile de palme de la liste des biocarburants (qui bénéficient d'un avantage fiscal), avant de faire marche arrière le lendemain, devant le tollé suscité auprès des défenseurs de l'environnement.

Le groupe Total en particulier est vent debout contre cette exclusion, qui remet selon lui en cause la viabilité de sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), ouverte en juillet.

"Ce que dit l'entreprise est qu'elle veut un délai pour adapter ses pratiques. Je crois qu'il faut qu'on regarde avec elle si c'est possible d'acheter de l'huile de palme qui ne déforeste pas", a déclaré Mme Wargon lundi. "Il y a des certifications sur ces produits comme sur d'autres, données par des ONG, par des organisations internationales. On a donc dit qu'on allait ouvrir un groupe de travail avec l'entreprise pour voir si c'est possible, mais en tout cas pour moi le signal est clair : pas de signal à la déforestation", a-t-elle ajouté.

Le recours à l'huile de palme importée est dénoncé par les associations environnementales car sa culture extensive alimente la déforestation en Asie du sud-est.

Selon Total, la bioraffinerie de La Mède doit traiter 650.000 tonnes d'huiles et graisses par an et s'approvisionner en huile de palme "durable et certifiée" à hauteur de 300 000 tonnes au maximum. Mais les ONG dénoncent l'inefficacité des labels de certification et jugent que les entreprises ne peuvent pas contrôler la déforestation indirecte.

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Trop pressés

Décidément, jeter un oeil sur les publications que ne lisent pas les ONG peut nous amener à prendre le contrepied du politiquement correct activé par les lobbies écolos et pratiqué l'autre soir par les parlementaires. On peut y lire, par exemple, que la productivité à l'hectare de l'huile de palme est largement supérieure à celle de ses concurrents (soja etc ...); elle "consomme" donc beaucoup moins de terres agricoles (existantes ou à venir...). On peut également y lire qu'elle est, par rapport à ses concurrents, une bien meilleure matière première agro-industrielle et qu'en matière alimentaire, elle est meilleure pour la santé (cholestérol). Tout cela, sauf erreur ou confusion (je ne suis pas expert, loin s'en faut - et on aimerait que les vrais experts se déclarent et parlent dans le débat public, celui-ci étant généralement, pour le meilleur et pour le pire, noyé sous la com des ONG), explique sans doute pour partie pourquoi l'huile de palme est bien meilleur marché que ses concurrents. Ce dernier paramètre, de nature économique, fait forcément partie de l'équation pour les entreprises: il est vraisemblablement à l'origine de la survie potentielle de la raffinerie près de l'étang de Berre et de l'espèce d'arrangement +/- conclu par l'entreprise Total avec les Pouvoirs publics il y a quelques années.

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