Une contamination détectée pendant la maintenance

Les épisodes signalés à la centrale nucléaire de Koeberg, au nord du Cap, se sont produits entre le 30 juin et le 16 juillet pendant des opérations de maintenance planifiées. Les responsables sud-africains ont fait état dimanche d’une « contamination radioactive aérienne légèrement élevée » dans l’installation exploitée par Eskom, l’électricien national.

Le régulateur nucléaire sud-africain a attribué ces événements à une perte d’alimentation de groupes de ventilation pendant les travaux, selon l’agence Associated Press, qui cite le National Nuclear Regulator. Koeberg dispose de deux réacteurs à eau pressurisée d’une capacité nette totale de 1 854 MW électriques, selon les données de l’AIEA mises à jour en 2026.

Mteto Nyati, président d’Eskom, a minimisé l’ampleur radiologique des mesures relevées. « Les niveaux enregistrés étaient extrêmement faibles, inférieurs à l’exposition aux radiations provoquée par l’utilisation de votre téléphone portable pendant quelques minutes », a-t-il déclaré lors du point de presse.

Eskom et le gouvernement écartent un risque externe

Selon Mteto Nyati, les procédures de sûreté prévues ont été appliquées et les contrôles réalisés sur les salariés concernés ont indiqué une exposition limitée. « Tous les protocoles ont été respectés », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Il n’y a eu aucun rejet dans l’environnement, aucun risque pour le public ».

Le ministre sud-africain de l’Énergie Kgosientsho Ramokgopa a soutenu que la gestion de ces incidents confortait la confiance des autorités dans l’exploitation de Koeberg. Il a lié ce message de sûreté au projet gouvernemental d’ouvrir une nouvelle étape de production nucléaire en Afrique du Sud.

« Nous voulons dire aux communautés vivant à proximité immédiate de Koeberg que c’est sûr. Nous voulons dire au reste du pays que nous avançons dans le programme de développement du nucléaire », a déclaré Kgosientsho Ramokgopa.

Koeberg reste au centre de la stratégie nucléaire sud-africaine

Koeberg fonctionne depuis 40 ans et son exploitation a fait l’objet d’une prolongation de 20 ans. Le National Nuclear Regulator a autorisé en juillet 2024 la poursuite d’exploitation de l’unité 1 jusqu’au 21 juillet 2044, puis a approuvé en novembre 2025 une extension similaire pour l’unité 2 jusqu’en novembre 2045, selon les décisions publiées par le régulateur.

L’Afrique du Sud reste le seul pays africain à exploiter des réacteurs nucléaires de puissance, tandis qu’une centrale est en construction en Égypte. Le parc de Koeberg fournit environ 5 % de l’électricité sud-africaine, selon les éléments rappelés par le National Nuclear Regulator et Eskom.

Les autorités disent vouloir communiquer sur les incidents récents pour rassurer les populations proches de la centrale. Kgosientsho Ramokgopa a rappelé que le pays poursuit ses plans d’acquisition de 5,2 GW de capacité nucléaire supplémentaire à l’horizon 2042.

L’électricité sud-africaine reste majoritairement issue du charbon : cette source représentait 74,31 % de la production électrique du pays début 2025, selon le ministère sud-africain de l’Environnement. Pretoria présente le nucléaire comme l’une des options destinées à diversifier l’approvisionnement électrique face à la croissance des besoins.