Christopher Waller durcit son message

Le gouverneur de la Fed Christopher Waller a estimé lundi à New York que la banque centrale américaine devait rester prête à resserrer sa politique monétaire. Il a justifié cette position par le risque de revivre l’épisode inflationniste observé en 2021 et 2022 après la pandémie de Covid-19.

Waller est habituellement rangé parmi les responsables monétaires les plus attentifs au soutien de l’activité. Son discours s’est rapproché de celui des membres les plus restrictifs de la Fed depuis que la guerre au Moyen-Orient a ravivé les tensions inflationnistes aux États-Unis.

L’inflation sous-jacente concentre les inquiétudes

« À moins de constater un affaiblissement significatif du marché du travail, je me concentrerai sur l'inflation », a déclaré Waller lors d’un événement de la New York Association for Business Economics. Il a surtout insisté sur l’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie afin de mieux mesurer la tendance de fond des prix.

L’indice PCE, mesure privilégiée par la Fed, a progressé de 4,1 % sur un an en mai, selon le Bureau of Economic Analysis, avec une hausse de 3,4 % hors alimentation et énergie. La banque centrale vise une inflation de 2 % à moyen terme sur cet indicateur.

La prochaine donnée scrutée par le marché sera l’indice des prix à la consommation de juin, dont la publication est prévue mardi 14 juillet à 8 h 30 heure de Washington par le Bureau of Labor Statistics. La statistique d’ensemble pourrait ralentir grâce au repli des prix à la pompe, mais Waller a prévenu que des chiffres sous-jacents encore élevés obligeraient le comité de politique monétaire à envisager un resserrement « à court terme ».

Les marchés réévaluent le risque d’une hausse

Les propos de Waller ont aussitôt modifié les anticipations des investisseurs. Selon l’outil Fed Rate Monitor fondé sur les contrats futures de fonds fédéraux, la probabilité d’un maintien de la fourchette actuelle de 3,50 % à 3,75 % lors de la réunion du 29 juillet atteignait 59,0 % lundi à 12 h 15 à New York, contre 41,0 % pour une hausse vers 3,75 % à 4,00 %.

La Fed avait laissé ses taux inchangés le 17 juin, à 3,50 %-3,75 %, après la réunion du Federal Open Market Committee. Le même comité devra arbitrer entre le risque d’un durcissement trop précoce, susceptible de peser sur l’activité, et celui d’une réaction tardive si les tensions sur les prix se diffusent au-delà des postes liés à l’énergie.

La guerre au Moyen-Orient reste un facteur de risque pour les coûts de l’énergie, notamment via le pétrole et les carburants. Waller a toutefois indiqué que l’enjeu central serait désormais de déterminer si les pressions récentes se limitent à des chocs de prix sectoriels ou si elles signalent une inflation plus durable dans l’ensemble de l’économie.