Des ponts et une gare visés dans le sud iranien

La télévision d'État Irib a fait état de deux ponts frappés dans la région de Bandar Khamir, avec un bilan de deux morts et quatre blessés. Une gare de Bandar Abbas aurait aussi été « ciblée par l'ennemi américain », selon le même média, qui recense deux blessés sur ce site.

L'aéroport d'Iranshahr, dans le sud-est du pays, a été atteint par « au moins un projectile de l'ennemi américain », a également indiqué Irib. Les médias d'État iraniens ont rapporté une série d'explosions dans plusieurs secteurs du sud de l'Iran, à proximité du détroit d'Ormuz.

Hani, professeur iranien de 34 ans vivant à Ahvaz, dans le sud-ouest, a décrit à l'AFP des attaques d'une forte intensité. « Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j'en ai les mains qui tremblent », a-t-il déclaré, ajoutant : « Il y a eu au moins 11 ou 12 explosions. J'ai l'impression que mes oreilles vont exploser. »

La pression militaire s'inscrit dans une séquence de représailles

L'armée américaine avait annoncé une nouvelle salve contre l'Iran, pour la sixième nuit consécutive. Donald Trump avait averti dans la semaine que les États-Unis pourraient viser des ponts et des centrales électriques si Téhéran ne reprenait pas les négociations.

Depuis la reprise des affrontements le 7 juillet, après des attaques contre des navires dans le Golfe imputées à l'Iran, les frappes ont atteint un niveau inédit depuis le cessez-le-feu d'avril. La guerre avait été déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains et a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Les autorités iraniennes font état de plus de trente civils tués depuis la reprise des hostilités, ainsi que de sept militaires morts. Téhéran a répliqué par des attaques de drones contre Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, trois pays de la région alliés de Washington.

Le verrouillage d'Ormuz pèse sur les flux énergétiques

Le Pakistan, médiateur des discussions, a appelé le 16 juillet les deux parties à mettre « fin aux violences et à reprendre les discussions » dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin. Islamabad a aussi demandé un « retour à la normale dans le détroit d'Ormuz », de nouveau verrouillé par l'Iran le week-end dernier.

Les États-Unis ont rétabli mardi soir leur blocus des ports iraniens, en réponse à la fermeture du passage maritime par Téhéran. L'armée américaine a indiqué avoir arraisonné jeudi un navire dans ce cadre.

Avant la guerre, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitait par ce couloir maritime. L'Agence internationale de l'énergie estime que près de 15 millions de barils par jour de brut, soit près de 34 % du commerce mondial de brut, sont passés par Ormuz en 2025.

Pour le GNL, l'Energy Information Administration américaine évaluait à environ 20 % la part du commerce mondial ayant emprunté le détroit en 2024, principalement depuis le Qatar. Malgré la raréfaction du trafic, le Brent restait autour de 85 dollars le baril.

L'Irak est également touché par l'extension du conflit

À Téhéran, jusque-là épargnée par les bombardements, l'activité quotidienne se poursuit malgré l'activation de systèmes de défense antiaérienne en périphérie pendant la nuit. Les habitants suivent les développements militaires sans inquiétude perceptible, selon les éléments rapportés depuis la capitale iranienne.

La guerre s'est aussi étendue à l'Irak. Le Premier ministre irakien a condamné une « attaque de drones » près du consulat américain à Erbil, dans la région du Kurdistan, la première signalée dans cette zone depuis la trêve d'avril.

Une source sécuritaire irakienne a également indiqué qu'un navire transportant des véhicules avait été frappé au large du port de Bassorah, dans le sud de l'Irak.