Des navires visés dans deux pays du Golfe
Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, force idéologique de la République islamique, a averti mercredi 9 septembre que les tankers présents dans les ports du Koweït et de Bahreïn, à quai ou au mouillage, seraient considérés comme des cibles, selon l’agence officielle Irna.
Dans le communiqué cité par Irna, les Gardiens accusent « l’armée terroriste américaine » d’avoir frappé plusieurs pétroliers iraniens et désignent les ports koweïtiens et bahreïnis comme des sites accueillant les forces américaines. Le message adressé aux équipages est explicite : « Nous les avertissons de quitter leurs navires, car ils seront pris pour cible ».
Washington revendique la destruction de cinq pétroliers
L’armée américaine a annoncé mardi avoir détruit cinq pétroliers dans la région du Golfe, en riposte à de récentes attaques attribuées aux Gardiens de la Révolution contre un navire militaire américain. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, affirme avoir demandé aux équipages d’abandonner les bâtiments avant les frappes.
L’agence iranienne Tasnim a fait état d’une attaque américaine par missile contre un « petit pétrolier » iranien près de l’île de Kharg, dans le sud de l’Iran, sans victime signalée. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en déplacement en Colombie, a prévenu que l’Iran perdrait des pétroliers à chaque nouvelle tentative de frapper des navires de guerre américains.
Le détroit d’Ormuz reste au centre de l’escalade
L’Iran menace aussi de viser les bases américaines au Moyen-Orient si les attaques contre ses pétroliers se poursuivent. « Toute attaque contre des pétroliers iraniens entraînera des frappes des forces armées de la République islamique d’Iran contre les bases américaines dans la région », a déclaré le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahile, cité par la télévision d’État.
Les Gardiens ont également affirmé mardi avoir saisi « l’un des drones sous-marins les plus modernes de l’armée américaine à l’entrée du détroit d’Ormuz ». L’armée américaine indique de son côté qu’un drone d’un « modèle ancien » est tombé en panne dans la zone, sans préciser s’il s’agit de l’appareil présenté par Téhéran comme capturé.
Les échanges de tirs se poursuivent dans et autour du détroit d’Ormuz, malgré le cessez-le-feu instauré en avril après la première séquence de bombardements déclenchée par l’attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février. Selon l’EIA américaine, les flux de pétrole brut et de liquides pétroliers via Ormuz sont tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025, avant le conflit.
Trafic maritime paralysé et sanctions élargies
Les négociations diplomatiques restent bloquées, Washington et Téhéran s’opposant sur le contrôle du verrou maritime par lequel transite habituellement environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz. Depuis le début de la guerre, le trafic y est quasiment à l’arrêt, avec des effets directs sur les marchés mondiaux de l’énergie et les cours du brut.
L’Iran exige désormais une autorisation préalable pour tout navire souhaitant franchir le détroit, mesure rejetée par les États-Unis et plusieurs pays de la région. L’Organisation maritime internationale indiquait début septembre suivre la protection de plus de 20 000 marins dans la région, dont des équipages bloqués à bord de navires incapables de passer par Ormuz.
Le gouvernement américain applique parallèlement un blocus sur les ports iraniens. Washington a aussi placé mardi sur liste noire l’ensemble du secteur aérien iranien et menace de sanctionner toute organisation travaillant avec les compagnies aériennes du pays, dont Mahan Air et Iran Air.