Trois conditions posées à Téhéran
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a conditionné lundi 13 juillet toute évolution des sanctions européennes à un changement de cap iranien sur le nucléaire, les missiles balistiques et les activités régionales de la République islamique. Interrogé sur BFM TV/RMC, il a exclu un allègement des mesures restrictives tant que ces dossiers resteront ouverts.
« Il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe », a déclaré le ministre. Il a ajouté une condition politique intérieure, en visant le respect par les autorités iraniennes de « la liberté de construire leur propre avenir » pour les Iraniens.
La position française s’inscrit dans le cadre des mesures restrictives européennes liées à la prolifération nucléaire, aux missiles, aux droits humains et au rôle régional de Téhéran. Le Conseil de l’Union européenne a rétabli, le 29 septembre 2025, les sanctions nucléaires de l’UE qui avaient été suspendues ou levées dans le cadre de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, après la réactivation des sanctions des Nations unies.
Paris refuse de parler de reprise de la guerre
Questionné sur la nouvelle séquence de tensions entre Washington et Téhéran, Jean-Noël Barrot n’a pas repris à son compte l’idée d’une reprise de la guerre. Il a mis l’accent sur l’existence d’un accord censé encadrer la désescalade et rouvrir une séquence diplomatique.
Selon le ministre, cet accord prévoit « l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien ». Le détroit d’Ormuz reste un passage stratégique pour les flux énergétiques, notamment pétroliers et gaziers, entre le Golfe et les marchés mondiaux.
Jean-Noël Barrot a demandé aux parties de revenir au cadre de négociation fixé par l’accord, en estimant qu’elles n’avaient « aucun intérêt à l'escalade ». Cette formule maintient la ligne française sur deux plans : refus d’un relâchement des sanctions sans concessions iraniennes et soutien à une négociation visant un encadrement du programme nucléaire.
Frappes américaines et riposte iranienne
La déclaration française intervient après de nouvelles frappes américaines contre l’Iran. Téhéran a riposté lundi en visant des pays de la région alliés de Washington, dans une séquence présentée comme la plus importante des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.
L’Union européenne a également élargi, le 22 mai 2026, le champ de ses mesures liées au soutien militaire iranien à la Russie et aux groupes armés au Moyen-Orient et en mer Rouge, afin de viser des personnes ou entités impliquées dans des actions menaçant la liberté de navigation dans la région. Le 8 juin 2026, le Conseil de l’UE a inscrit deux personnes et une entité dans ce cadre, en lien avec la sécurité de navigation au Moyen-Orient, notamment autour d’Ormuz.