Jour le plus long à la station-service la plus fréquentée d'Europe

  • AFP
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Le premier samedi d'août, lorsque les vacanciers européens du mois de juillet rentrent chez eux et que les amateurs de soleil du mois d'août se dirigent vers le sud, est le jour le plus chargé de l'année dans la station-service la plus fréquentée d'Europe.

L'envolée des prix mondiaux du carburant n'a pas dissuadé des milliers d'automobilistes et de conducteurs de poids-lourds de faire le plein à la station Shell de Berchem, dans le sud du Luxembourg, sur l'autoroute A3 où la circulation est très dense.

Le Grand-Duché est peut-être petit, mais c'est un carrefour entre la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas, situé sur la route qui mène vers le sud aux plages de France, d'Italie et d'Espagne.

Et - point crucial en cet été de forte augmentation des prix - le carburant y est jugé bon marché, ce qui en fait un lieu de prédilection pour les routiers effectuant de longs trajets comme pour les familles surveillant leurs dépenses.

Même en dehors de l'affluence estivale, automobilistes et travailleurs transfrontaliers français et allemands font souvent le plein au Luxembourg.

Lorsque la destination finale d'une famille se trouve sur les rivages de la Méditerranée et qu'un plein de carburant coûte plus de 100 euros (dollars), les économies sont là.

Samedi, deux camions-citernes de 40.000 litres étaient sur le point d'effectuer entre 16 et 20 allers-retours par jour pour faire fonctionner les pompes à essence et à diesel de la station de Berchem remplie de camping-cars.

- Un budget colossal -

Au début de l'année, l'invasion de l'Ukraine par la Russie et les difficultés d'approvisionnement consécutives à la pandémie de coronavirus ont fait exploser les prix des carburants... tout comme les bénéfices des grandes compagnies pétrolières.

Les prix mondiaux du pétrole et les prix de détail de l'essence ont commencé à refluer et les gouvernements se sont mis à subventionner des rabais face à la grogne des automobilistes.

La France, par exemple, a déjà fait baisser le prix à la pompe de 18 centimes et la ristourne atteindra 30 centimes en septembre, tandis que la Belgique a diminué en mars les taxes de 17,50 centimes par litre.

Au Luxembourg, la réduction n'a été que de 7,50 centimes en avril, et on ignore si les autorités la prolongeront jusqu'à la fin du mois d'août.

Pour l'instant, le Grand-Duché reste néanmoins avantageux.

Samedi, l'AFP a payé 1,79 euro le litre d'essence à Bruxelles et les sites internet de surveillance des prix des carburants ont évalué le tarif moyen belge à 1,867 euro le litre.

Mais les automobilistes de Berchem, coincés dans les files d'attente avec d'autres conducteurs originaires de la moitié de l'Europe et des camionneurs en provenance de Chypre, d'Irlande et de Pologne, ne paient que 1,636 euro.

"C'est grâce à la localisation qui est parfaite, au milieu de l'Europe. Les prix avantageux du carburant font aussi la différence", explique Daniel Calderon, le patron de la station-service.

Il a constaté que les automobilistes qui s'y sont rués samedi étaient pour la plupart "de bonne humeur", grâce à "l'esprit de vacances" qui règne après deux années de restrictions des déplacements liées à la pandémie.

"On en profite aussi en revenant par le Luxembourg pour faire le plein qui est toujours un peu moins cher. Et on remarque même qu'il est encore moins cher qu'à notre départ. C'est plutôt une bonne nouvelle", lâche Christian, un touriste belge.

"Quand on habite un village, par exemple, comme moi, on n'a pas d'autres moyens de transport que la voiture et c'est devenu un budget colossal", se lamente en revanche Marie-Jo, une Française.

ds/bds/clr

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