La Banque de Norvège a procédé jeudi à la troisième baisse de son taux directeur en moins de deux mois, le réduisant de 0,25 point pour le ramener à zéro, tout en écartant à ce stade de passer en terrain négatif pour contrecarrer les effets de la pandémie.
"Le taux directeur restera très probablement au niveau actuel pendant un certain temps encore", a déclaré le gouverneur de la Banque centrale, Øystein Olsen. "Rien n'est exclu", a-t-il dit, interrogé sur la possibilité de taux négatifs. "Mais nous n'envisageons pas un taux directeur encore plus bas" dans les circonstances actuelles, a-t-il ajouté.
Jamais les taux n'ont été aussi bas dans le pays nordique. C'est la conséquence de l'épidémie de nouveau coronavirus qui a donné un coup d'arrêt à l'économie norvégienne, touchée de surcroît par la chute des cours du pétrole. La Norvège est le plus gros producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest.
Pour l'année en cours, la banque dit s'attendre à une contraction de 5,2% du PIB national. "La raison derrière cette décision, c'est que l'activité de l'économie norvégienne a lourdement chuté du fait de la pandémie de coronavirus et il y a de grandes incertitudes sur les développements à venir", a dit M. Olsen. "Des taux bas ne peuvent empêcher qu'il y ait des conséquences graves pour l'économie norvégienne mais cela pourra amortir le recul et amoindrir le risque que le chômage s'installe durablement à un niveau élevé", a-t-il ajouté.
Cette nouvelle baisse a surpris la plupart des économistes. C'est la troisième depuis la mi-mars, quand le taux directeur était encore à 1,50%. Face à la crise sanitaire, le gouvernement norvégien a de son côté amplement pioché dans le fonds souverain du pays, le plus gros au monde, pour soutenir l'économie.
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