Arrêts ciblés et baisses de puissance
La perte équivaut à 8,7% de la puissance installée, soit une référence de 63 GW pour le parc nucléaire français, a précisé une porte-parole d’EDF, soit environ 5,5 GW temporairement indisponibles. Trois réacteurs ont été arrêtés cette semaine, à Bugey, Nogent-sur-Seine et Golfech, et d’autres ont réduit leur puissance vendredi, notamment Chooz 1, Nogent 2, Saint-Alban 2 et Blayais 3. Ce repli s’ajuste au fil des températures relevées sur les cours d’eau utilisés pour le refroidissement du parc nucléaire.
Ces limitations visent à respecter les seuils réglementaires de température et d’échauffement des fleuves et rivières, afin de protéger les écosystèmes aquatiques. En période de canicule, l’élévation de la température des cours d’eau peut conduire l’exploitant à réduire, voire à interrompre la production pour éviter tout réchauffement supplémentaire lié aux rejets des eaux de refroidissement.
Approvisionnement et échanges, signal rassurant de RTE
Le gouvernement et RTE ont tenu cette semaine à rassurer sur la capacité du système électrique à couvrir la demande, accrue par l’usage de la climatisation. Les centrales à gaz ont été mobilisées pour soutenir l’équilibre offre‑demande, jusqu’à 8% de la production nationale dans la nuit de mardi à mercredi, devant l’éolien en raison d’un manque de vent, selon EDF.
Malgré ces contraintes ponctuelles, EDF souligne que les centrales disponibles ont continué d’exporter un volume élevé d’électricité vers les pays voisins. En contexte, RTE indique que la France a enregistré en 2025 un solde net exportateur record de 92,3 TWh, porté par la compétitivité de son parc, et une production nucléaire de 373,0 TWh la même année. Ces niveaux confirment la capacité structurelle du système à soutenir les échanges tout en maintenant l’approvisionnement intérieur, selon le gestionnaire du réseau. Production électrique bas carbone
Pas de dérogation sollicitée, mais un cadre « a minima »
EDF n’a pas demandé de dérogation environnementale à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), contrairement à l’été 2022. « On est encore loin d’une demande de dérogation », a déclaré jeudi 25 juin Rémy Catteau, directeur des centrales nucléaires à l’ASNR. L’ASNR, issue de la fusion de l’ASN et de l’IRSN, est entrée en fonction le 1er janvier 2025 à la suite de la loi du 21 mai 2024.
En l’état, RTE a demandé à EDF d’assurer a minima le fonctionnement de 10 réacteurs, du 27 juin à 0 h au 28 juin à 0 h, sur les sites de Civaux, Cattenom, Blayais, Chooz, Nogent et Belleville, pour répondre à des contraintes réseau. Ce dispositif, non dérogatoire, s’accompagne de limites environnementales « un peu plus permissives » et d’une surveillance renforcée, a précisé M. Catteau. Cette période court du 27 juin à 0 h au 28 juin à 0 h, selon le message publié par EDF.