Un texte de sanctions relancé au Sénat américain
Quatre sénateurs républicains et démocrates ont indiqué vendredi avoir obtenu l'aval de la Maison Blanche pour reprendre l'examen d'un dispositif de sanctions contre les pays continuant d'acheter des hydrocarbures russes. La nouvelle version du projet doit être présentée prochainement au Congrès, après avoir été bloquée jusque-là par Donald Trump.
Le texte, s'il était adopté, donnerait au président américain la possibilité d'appliquer des droits de douane et des sanctions à des pays tiers qui poursuivent leurs achats de pétrole et d'autres produits énergétiques russes. Une mouture antérieure prévoyait des droits de douane pouvant aller jusqu'à 500 % sur les importations américaines provenant de pays achetant du pétrole, du gaz, de l'uranium ou d'autres produits russes.
La Chine dénonce des sanctions extraterritoriales
Lors d'une conférence de presse régulière, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lin Jian a déclaré que Pékin « s'oppose fermement aux sanctions unilatérales illégales qui ne reposent sur aucun fondement en droit international et ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité de l'ONU ». La Chine fait partie des principaux débouchés du pétrole russe depuis la réorientation des flux provoquée par les sanctions occidentales.
Lin Jian a accusé Washington de recourir à une politique de « deux poids, deux mesures » et à la « coercition ». Il a ajouté que Pékin « prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes de ses entreprises et de ses citoyens ».
Les achats chinois restent centraux pour Moscou
Selon le Centre for Research on Energy and Clean Air, la Chine représentait en juin 2026 41 % des revenus russes d'exportation d'énergies fossiles parmi les cinq premiers importateurs, soit 7,3 milliards d'euros. Le même organisme indique que la Russie demeure dépendante d'un nombre restreint de clients, la Chine dominant les achats de charbon et de pétrole brut russes.
L'Agence internationale de l'énergie relevait en février 2026 que les livraisons de brut russe vers la Chine avaient atteint en janvier un niveau record, alors que les importations indiennes de brut russe étaient tombées à 1,1 million de barils par jour. L'Energy Information Administration américaine indiquait aussi, dans son analyse pays publiée en 2026, que la Russie avait fourni 20 % des importations chinoises de pétrole brut en 2024.
Un calendrier parlementaire encore incertain
Le soutien annoncé de la Maison Blanche retire un verrou politique important à un projet déjà appuyé par des élus des deux camps au Sénat. L'adoption rapide du texte n'est toutefois pas acquise, et l'exécutif américain n'a pas immédiatement confirmé publiquement les termes de l'accord mentionné par les parlementaires.
Cette relance intervient alors que Donald Trump exprime une frustration croissante face à l'absence de progrès dans les discussions visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, déclenchée par l'invasion russe de 2022. Les revenus tirés des hydrocarbures restent une ressource majeure pour Moscou, que le projet américain cherche à réduire en ciblant les clients étrangers de l'énergie russe.