Une opinion publique marquée par les vagues de chaleur
La ministre d'État chargée de la transition climatique Katie White a défendu, lundi 21 septembre au siège des Nations unies à New York, une ligne climatique offensive pour le gouvernement travailliste du Premier ministre Andy Burnham. « L'opinion britannique est massivement en faveur de l'action pour le climat », a-t-elle déclaré.
La ministre a relié cette perception politique à l'été traversé par le Royaume-Uni. « Après l'été que nous venons de vivre, la météo la plus extrême que nous ayons jamais connue, quatre vagues de chaleur et des incendies de forêt meurtriers dans le pays, les gens réclament plus d'action », a-t-elle ajouté.
Un sondage Ipsos réalisé du 31 juillet au 4 août 2026 indique que 74 % des Britanniques se disent préoccupés par le changement climatique. La même enquête relève que 87 % des adultes interrogés jugent probable le retour de vagues de chaleur sévères dans les prochains étés, tandis que 56 % déclarent que les conditions extrêmes de l'été ont perturbé leurs activités quotidiennes.
Le consensus sur le net zéro devient un clivage politique
Katie White estime que l'opposition conservatrice commet une erreur en voulant remettre en cause les objectifs britanniques de réduction des gaz à effet de serre. Le Royaume-Uni a inscrit en 2019, sous le gouvernement conservateur de Theresa May, l'objectif de neutralité carbone en 2050, devenant la première grande économie à le fixer dans la loi.
Les conservateurs, désormais dirigés par Kemi Badenoch, jugent cet objectif dommageable pour l'économie et souhaitent l'abandonner en cas de retour au pouvoir. À leur droite, le chef de Reform UK Nigel Farage qualifie l'objectif de « stupide », tandis qu'une partie de ses membres conteste le consensus scientifique sur l'origine humaine du réchauffement.
La ministre voit dans les données d'opinion une adhésion « sans précédent » à l'action climatique au Royaume-Uni. Elle oppose ce mouvement de l'électorat à un paysage partisan où le consensus sur le net zéro, longtemps partagé par les grands partis, s'est fragmenté.
Le coût initial des renouvelables face aux importations fossiles
Katie White reconnaît que la transition énergétique exige des dépenses d'investissement. « Le vent est notre ressource la plus abondante. Nous sommes une petite île venteuse (...) Il y a un coût d'investissement initial », a-t-elle souligné, en défendant le développement des infrastructures renouvelables, notamment dans l'éolien offshore.
La ministre compare les achats de combustibles fossiles auprès de fournisseurs comme la Norvège ou les États-Unis à une location, par opposition aux actifs renouvelables nationaux, qui reviennent selon elle « à acheter notre propre maison, avec le coût de l'apport initial que cela implique ». « Après la deuxième crise des combustibles fossiles en quatre ans, nous avons vu les prix de l'énergie s'envoler », a-t-elle ajouté, en référence aux guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.
Dans cette lecture, la souveraineté énergétique se joue autant dans l'investissement que dans le prix payé par les consommateurs. « A long terme, l'énergie propre est clairement la réponse », a estimé Katie White, en liant sécurité d'approvisionnement, exposition aux marchés internationaux et trajectoire climatique.
La mer du Nord reste un dossier sensible pour Londres
Le Royaume-Uni conserve des réserves d'hydrocarbures en déclin en mer du Nord. Le président américain Donald Trump a appelé le nouveau Premier ministre Andy Burnham à intensifier les forages, alors que deux projets, Rosebank et Jackdaw, restent soumis à examen par les autorités britanniques.
Katie White n'a pas indiqué quelle décision pourrait être retenue sur ces dossiers. Elle a toutefois insisté sur le fait que « la politique britannique est faite pour le peuple britannique » et affirmé qu'une partie de la production de pétrole et de gaz pouvait rester compatible avec le prochain budget carbone du pays.
À l'approche du G20 et de la COP31, la ministre met en avant l'électrification, surtout lorsqu'elle repose sur des sources renouvelables, comme un axe central de la transition. Elle a cité son expérience personnelle de six années en voiture électrique : « Je ne reviendrais jamais en arrière. C'est une expérience beaucoup plus agréable, c'est plus fluide. Je ne suis pas censée dire que ça va plus vite mais le fait est que ça va plus vite ».