Contrôle au large de la Sicile

Selon l’Élysée, des commandos de la Marine nationale sont intervenus le mardi 23 juin à bord du Deliver au large de la Sicile, après détection d’une infraction au droit de la mer. « La Marine Nationale a arraisonné mardi le pétrolier Deliver alors qu’il transitait au large de la Sicile en infraction avec le droit de la mer », a écrit le président Emmanuel Macron sur X, en publiant une vidéo de l’opération héliportée.

Le bâtiment arborait un pavillon camerounais et venait de Primorsk en Russie, a indiqué la préfecture maritime de la Méditerranée. Le contrôle a été conduit au titre de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, afin de vérifier la nationalité du navire soupçonné d’arborer un faux pavillon. L’examen des documents a renforcé les doutes sur la régularité déclarée, un signalement a été transmis au procureur de Marseille qui a ordonné le déroutement.

Le Deliver est désormais escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage où se poursuivent les vérifications administratives et techniques. La préfecture maritime précise que l’opération a été menée en étroite coopération avec l’opération européenne Eunavfor Med Irini et avec des alliés, dont le Royaume‑Uni.

Une cinquième interception depuis septembre 2025

Il s’agit du cinquième pétrolier lié à la « flotte fantôme » russe intercepté par la France depuis septembre 2025. Avant le Deliver, les autorités françaises avaient arraisonné le Tagor le 31 mai au milieu de l’Atlantique, ainsi que le Deyna en mars 2026 et le Grinch en janvier 2026 en Méditerranée, et le Boracay en septembre 2025 au large d’Ouessant.

Le Tagor demeure immobilisé, tandis que le Deyna, le Grinch et le navire saisi en septembre 2025 avaient été d’abord retenus puis autorisés à reprendre la mer. Pour le Grinch, des « amendes de plusieurs millions d’euros » avaient été évoquées par le ministre des Affaires étrangères Jean‑Noël Barrot, sans que le montant exact ne soit rendu public. Le gouvernement a par ailleurs annoncé le 8 avril le doublement des peines encourues en cas de défaut de pavillon ou de refus d’obtempérer.

Les deux précédentes saisies en Méditerranée avaient conduit à une escorte et une rétention au large de Fos‑sur‑Mer, près de Marseille, pour les besoins des enquêtes. Moscou avait qualifié début juin l’arraisonnement du Tagor d’opération « à la limite de la piraterie internationale », tandis que le Cameroun condamnait l’usage frauduleux de son pavillon par ce navire.

Coordination européenne

Le chef de l’État a réaffirmé la ligne française vis‑à‑vis des flux pétroliers russes opérés hors des règles. « Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe », a‑t‑il déclaré, ajoutant que « l’Europe est déterminée. Elle poursuivra tous les efforts nécessaires pour accroître le coût de la guerre pour la Russie et permettre l’avènement d’une paix robuste et durable en Ukraine ».

La ministre des Armées Catherine Vautrin a salué l’opération, estimant qu’« enrayer l’économie de guerre russe, c’est couper les circuits qui financent l’agression contre l’Ukraine ». Cette nouvelle interception s’inscrit dans une action coordonnée avec les partenaires européens, les forces britanniques ayant déjà stoppé le 14 juin dans la Manche un pétrolier présenté comme appartenant à la flotte fantôme russe.